Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

REMY HIMMER : LA VIE ET LA MORT DE MON ARRIERE-GRAND-PERE

10 mars 2006 - Michel HUBERT

LA MANUFACTURE DE LEFFE
L’ASSASSINAT D’AOUT 1914

Pour que le passé ne soit pas oublié...... !

Quelques notes sur mon ancêtre Remy HIMMER, directeur de la Manufacture de Leffe-Dinant

Des détails sur sa vie et sa mort dramatique ont été retrouvés au travers de deux documents importants :

Extrait de :UN INDUSTRIEL DE NOTRE TEMPS, extrait de la Revue d’histoire, d’archéologie et de folklore Sambre et Meuse, septembre 1930

« Dans les Grandes Usines, par Turgan, on lit : « La possibilité de filer mécaniquement fut, à partir de cette époque, démontrée, et, à l’Exposition de 1819, Joseph Himmer, mécanicien, employé par MM, Jobert Lucas, à
et, à l’Exposition de 1819, Joseph Himmer, mécanicien, employé par MM, Jobert Lucas, à Bazancourt, obtint la médaille de bronze « pour le perfectionnement des machines à carder et filer la laine », Cette récompense - l’une des plus élevées du temps, lui fut accordée en vertu d’une ordonnance du roi de France du 9 avril 1819.

Joseph Himmer possédait à un haut degré le génie inventif ; il est également le créateur du mouvement de frottoirs aux bobinoirs de filature. C’était, en même temps, un artiste doué de talents variés,

Son fils, Remy-Adolphe, né à Bazancourt en 1815, élève de l’école des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, eut une carrière assez mouvementée.
D’abord attaché à la filature de soie de son beau-frère Adrien Hannosset, il installa ensuite une fabrique d’ouate à Lyon, En 1860, nous le trouvons à Bignicourt, en qualité de directeur de filature, il mourut, comblé d’ans, chez son fils, à Dinant, en 1890 (1), Un journal de cette ville lui consacra un article nécrologique dont nous détachons ces lignes : « Un homme qui, par un long séjour parmi nous, avait acquis de nombreuses sympathies, Mr Remy Adolphe Himmer vient de mourir à l’âge de 75 ans. Mr Himmer, par l’aménité de son caractère, sa franchise et sa droiture, avait su conquérir à la fois l’amitié et le respect de tous ceux qui avaient pu apprécier les grandes qualités de son coeur, »

Notre personnage, Remy Himmer, était le sixième enfant de Remy-Adolphe ; il naquit à Saint-Rambert, dans l’Ain, le 12 juillet 1849.
Il est placé, dès son adolescence, chez un fabricant de tissus de Reims pour s’initier au commerce.

En février 1870, il tire au sort à Beine ; il est exempt de service militaire, mais, la guerre survenant, il est appelé comme garde mobile et il fait le siège de Paris. D’abord incorporé au bataillon du 132e de ligne, il est ensuite désigné comme commis aux écritures à la sous-intendance militaire du 13e corps d’armée et, en cette qualité, séjourne au palais de l’Elysée, où les bureaux étaient installés ; après la bataille de Champigny, et l’Armistice, il est renvoyé dans ses foyers.

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Remy Himmer

Apparenté à M. Albert Oudin, qui fonda l’établissement de Dinant, en 1872, Remy Himmer est envoyé, cette année-là, aux usines de Bistchwiller, en Alsace, pour surveiller la fabrication des machines qui devaient servir à l’outillage de la nouvelle affaire.

En 1873, il arrive à Dinant pour diriger le montage des machines et, peu après, il devient directeur de l’usine.
Albert Oudin et Remy Himmer paraissaient se compléter merveilleusement, aussi l’entreprise prit-elle rapidement un essor considérable. Une dizaine d’années plus tard, la direction générale lui est confiée et, en 1896, à la mort de Oudin, il devient administrateur-délégué directeur de la nouvelle firme « manufacture de Tissus ».

Vice-consul de la République argentine (aucun document sur la manière dont il obtint ce poste auquel il n’est guère fait allusion), chevalier de l’Ordre de Léopold, officier de l’Ordre de la Couronne, décoré de différents autres ordres, Remy Himmer fut membre et président du jury de nombreuses expositions.

La carrière de Remy Himmer présente un tel caractère d’harmonie qu’on serait tenté d’y voir la démonstration de ce que peut, au service de véritables aptitudes, le labeur persévérant,

Il fut à la fois et dans toute la force de l’un ou l’autre terme, un capitaine d’industrie et un homme d’oeuvres, En lui se rejoignaient, au point de se confondre le sens réaliste et le sens idéaliste, Il était très attentif à l’évolution constante qu’imposent à la production et à la distribution de la richesse,les découvertes de la science : il avait une belle conception du devoir des chefs d’industrie, qui doivent avoir sans cesse présents à l’esprit les leçons du passé, les problèmes du jour, pour rester à la hauteur de leur tâche, si grosse de difficultés

Il s’appliqua à l’étude des perfections nouvelles avec une persévérance, une obstination que rien ne rebutait, montrant, dès le début de sa carrière, les qualités maîtresses qui lui assurent une place prépondérante dans l’industrie lainière.

« Il y a, dans l’industrie, un monde savant, dit Jules Simon et j’admire les industriels qui réunissent trois des plus grandes qualités humaines : la faculté scientifique, la faculté d’administration et la faculté du commerce. »

Remy Himmer fut de ceux-là.

Intelligence largement compréhensive, ce fut un homme de devoir et d’honneur. Sa modestie, sa bienveillance, ses manières courtoises et affables, lui avaient conquis l’estime affectueuse de tous.

Il a créé, dans les usines qu’il dirigeait, l’ordre et la méthode.
Ses ouvriers l’aimaient comme le « bon patron ». Toujours préoccupé de l’amélioration de leur sort, il en a été récompensé par leur affection et par l’hommage qu’ils ont maintes fois rendu à son esprit de justice et à sa bonté.

Un des leurs l’a proclamé encore lors de l’inauguration de la plaque commémorative érigée sur la façade principale de la Manufacture, plaque émouvante dans sa simplicité, où le passant peut lire la longue liste des chefs et ouvriers de l’usine qui périrent victimes de la barbarie allemande.
Voici comment s’exprima le délégué des ouvriers :
"Il me semble encore le voir le patron, le grand patron, l’âme même de cette grande usine ; avec son visage énergique, ses yeux de chef, ses cheveux blanchis par le travail de toute une vie. C’était le portrait vivant de la droiture et du travail. Il aimait son usine comme son oeuvre et ses ouvriers comme son usine ; il aurait pu partir quand l’orage a grondé, il a voulu rester près de son usine et de son personnel et, quand il a fallu mourir, il est mort avec eux, au milieu d’eux, pour eux, qu’il avait espéré pouvoir protéger ! »

Nous venons de le voir, Remy Himmer brilla au premier rang dans le domaine de l’industrie.
Dans la vie privée, dans ses relations d’amitié, dans ses rapports avec ses nombreux ouvriers, il aimait à exprimer cette idée que par le travail, l’homme développe toutes ses qualités et peut abolir les distances qui le séparent des positions les plus élevées.
Un effort, disait-il, si modeste fut-il, élève l’homme. C’était sa pensée dominante que chacun doit montrer de l’initiative et être pénétré du sentiment de sa responsabilité. On peut affirmer qu’elle a été le fil directeur de sa vie.
Mais les tâches des soucis économiques n’absorbaient pas complètement Remy Himmer. Il réservait une partie de son temps et de son activité, aux arts et aux sciences.
C’était un collectionneur émérite ; il possédait une collection d’assiettes et de cristaux très importante. Il avait le goût du beau et éprouvait une véritable passion pour les fleurs.

C’est ainsi que, dans des domaines bien divers, celui de l’organisation industrielle, celui de la philanthropie et celui des arts, cet homme éminent, à la claire intelligence et au grand coeur, a dessiné sur l’horizon de la vie dinantaise une silhouette vraiment originale et puissante, suscitant autour de lui des amitiés fidèles et sûres qui n’ont cessé de l’entourer jusqu’au moment où un crime brutal mit fin à sa noble existence »

2°)Le drame atroce : le sac de Dinant 23 août 1914 : l’assassinat de Rémy HIMMER (à partir du même document)

« Dans un décor de bonheur discret, d’aimable prospérité, d’aisance accueillante et tranquille, Dinant, la charmante petite ville. somnolait... Tout est grâce, mesure et harmonie dans la pittoresque vallée ; les flots d’un fleuve large, calme et limpide. les rochers abrupts, finement ciselés, ombragés de feuillages et parsemés de fleurs.
Dinant somnolait, paisible et heureuse...

Soudain, en 1914. par un été splendide, le tocsin sonne. C’est la mobilisation. La guerre s’annonce. Elle éclate. Et des masses grises d’hommes armés déferlent de Germanie sur l’Occident. Elles foulent le sol belge qui frémit..
Dinant est dans la fièvre. Des patrouilles viennent jusque là, mais elles ne font que passer. Les Français sont tout près et la confiance renaît.

Mais les forces allemandes s’accumulent et se pressent.
Le 15 août, elles s’emparent de la citadelle. Dans la nuit du 21 au 22, un détachement entre dans la ville par la route de Ciné, balaie d’une fusillade la rue Saint-Jacques et y brûle 20 maisons.
Le 23, c’est la journée du crime. Les bandes allemandes inondent la cité, et accueillies par le feu des Français, qui tiennent la rive gauche, elles se vengent sans merci sur la population innocente et sans défense.

Dinant devient un enfer de carnage et de désolation.

Une soldatesque, ivre de massacre, enfonce les portes à coups de hache, chasse et abat les civils affolés, parque les victimes en tas le long d’un mur ou au pied d’un rocher, ne fait grâce ni aux adolescents, ni aux femmes, ni aux enfants, et brûle, tue, pendant des heures, dans une crise effroyable de folie sanguinaire.

Tout s’écroule au bruit des fusillades, aux cris des mourants.

En un seul jour, 685 civils (parmi lesquels des enfants de trois semaines et des vieillards de quatre-vingt-huit ans) ont été odieusement massacrés. L’incendie a détruit plus de la moitié de la ville, Nous n’avons pas l’intention de rappeler ici tous les épisodes de cette tragique journée. Qu’il nous suffise d’évoquer la fusillade où périt Remy Himmer, et ses ouvriers.

Pour innocenter les coupables, 1’Allemagne a créé la légende des francs-tireurs.Durant la guerre déjà, elle a publié un Livre Blanc dans lequel elle a réuni les accusations portées contre la population dinantaise par ceux qui se sont faits ses bourreaux.

Cela ne suffisait pas. Naguère, une commission du Reichstag a approuvé et couvert de son autorité un rapport du professeur Meurer, de l’Université de Wurzbourg, rééditant ces accusations déjà réfutées péremptoirement.

En ce qui concerne le terrible drame qui se déroula le soir de cette journée sanglante à la Manufacture de Leffe et dans lequel Remy Himmer et trente civils, presque tous ouvriers de la fabrique, trouvèrent la mort, les Allemands prétendent avoir essuyé des coups de feu tandis qu’ils se trouvaient dans le jardin de l’usine. Il est de toute certitude que ces coups de feu partaient de la rive gauche, c’est-à dire qu’ils étaient tirés par les Français, depuis Bouvignes, à travers la Meuse..

Dans leur excellent ouvrage, d’une documentation parfaite, L’Invasion allemande dans la province de Namur, les auteurs mettent au point la vérité et réduisent à néant les calomnies et les mensonges accrédités par le Livre Blanc.
« ... Depuis la fondation, en 1872, de la Manufacture de Tissus, Leffe était devenu un centre industriel important, et presque toute la population « vivait de l’usine » qui, en 1914, occupait 625 employés et ouvriers.
 » Les bâtiments de l’usine recouvraient une vaste surface entre la rue Camille Henry et la Meuse. Une haute cheminée dominait cet important massif de toitures, sous lesquelles les multiples métiers filaient la laine et procédaient à son tissage.
 » A la tête de cette industrie se trouvait un homme qui réunissait toutes les qualités du bon directeur, pour qui les ouvriers sont autre chose qu’une machine vivante, et qui, pour eux tous, était un vrai père. M. Remy Himmer, administrateur-délégué-directeur, était également vice-consul de la République argentine. Ce titre, à lui seul, aurait dû protéger la personne du représentant d’une puissance neutre de même que le drapeau du consulat aurait dû écarter la torche incendiaire. Il n’en fut rien. M. Remy Himmer tomba le 23 août 1914, sous les balles des assassins, avec 146 de ses fidèles ouvriers. La majeure partie de l’usine fut incendiée et les dégâts se montèrent à quatre millions de francs, valeur 1914. Les Allemands ne mirent le feu à la Manufacture de Tissus que le
dimanche soir, c’est-à-dire bien après la bataille et sans qu’aucune raison stratégique quelconque puisse pallier le forfait. Réfugié dans les sous-sols de l’usine avec un grand nombre de ses ouvriers et leurs familles, M. Himmer, avec tous ceux-ci, fut arrêté le dimanche soir, et, tandis que les femmes entraient à l’abbaye des Prémontrés, où les conduisaient des soldats, les hommes, au nombre de trente-et-un, furent massacrés devant le couvent, et tombèrent autour de leur directeur qui, pour les sauver, avait offert, à ses impitoyables bourreaux, toute sa fortune.
Les autres membres du personnel, au nombre de cent-quinze encore, furent tués pour la plupart en différents endroits du quartier de Leffe, les autres furent fusillés à Dinant.

Mademoiselle Isabelle Himmer a consigné, par écrit, ces tragiques événements peu de temps après, et c’est à ce récit que nous faisons les emprunts suivants.(extrait de « L’Invasion Allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg par le chanoine Jean Schmitz et Dom Norbert Nieuwland, quatrième partie : le combat de Dinant , Bruxelles Paris 1921 »)

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Le lieu-dit "la cliche de bois" à Leffe à l’époque des faits

 » ... Le dimanche, dès le matin, nous allâmes nous cacher dans la fabrique, où mon père retrouva plusieurs de ses ouvriers qui s’y étaient réfugiés avec leur famille. Nous avions déjà, pendant la matinée, aperçu des Allemands dans la grande cour, ce qui détermina quelques-uns à se cacher dans le magasin aux laines. Notre situation devenant de plus en plus critique, papa alla trouver plusieurs de ces braves gens qui partageaient notre sort, et on fut d’avis de se rendre.
 » Sachant un peu d’allemand, j’espérais, au moyen de la connaissance de leur langue, faire entendre raison à ces soldats dont nous ne connaissions pas encore les procédés barbares : aussi, je prends bravement la tête du cortège, avec Désiré Louis, qui, au bout d’une perche, avait arboré un grand drapeau blanc
 » En débouchant dans la cour, nous voyons celle-ci toute remplie de soldats. (....)
A la sortie de la grille, un officier arrêta brutalement mon père qui tenait par la main le petit André. "C’est mon petit-fils ", disait papa, mais l’officier, qui ne voulait pas entendre raison, lui arracha l’enfant et me le remit en disant : « Kind mit mama ».
Je vis alors qu’on groupait tous les hommes à part et que les femmes et les enfants étaient dirigés vers l’abbaye.
Ne me doutant pas du danger qui menaçait les nôtres, je demandai à un officier pourquoi on gardait les hommes.
Sur le ton le plus rassurant, il me répondit que c’était tout simplement pour leur faire exhiber leurs papiers.
Aussi, je quittai mon père, sans lui adresser une parole, ni même sans relever la tête pour le regarder, tant j’étais sûre que nous allions le revoir quelques instants après.
Ma mère, qui ne voulait pas quitter son mari, en fut séparée à coups de crosse, et, sous la menace du revolver, dut rejoindre le groupe des femmes.
 » La sanglante réalité ne devait que trop tôt, hélas, nous être révélée. L’exécution des 31 hommes (dont 24 ouvriers de l’usine) pris à la fabrique, avait été si rapide, que les femmes qui se trouvaient à l’arrière de notre groupe purent encore voir les hommes rangés pour la fusillade et quelques-unes même les virent tomber. Maria Gaudinne, veuve d’Henri Blanchard, vit mon père entre trois soldats allemands, et aperçut Désiré Louis tenant ses deux fils dans ses bras. Cette même femme entendit mon père dire à un officier : « Grâce, monsieur, ce n’est pas seulement pour moi, mais pour tous ces pauvres ouvriers, pères de famille, laissez-nous la vie sauve, je vous donne toute ma fortune », mais il lui fut répondu : « Ce n’est pas de l’argent qu’il nous faut, c’est du sang ! ’>.
Yolande Coron, qui est entrée la dernière chez les Prémontrés, a vu les soldats tirer sur les hommes et ceux-ci tomber les uns sur les autres. »

(Cet assassinat eut lieu au lieu-dit « la Cliche de Bois » petit carrefour devant une entrée de l’Abbaye de Leffe où la scène fut rejouée par une petite troupe de théatre lors des fêtes du 850aire de l’abbaye de Leffe en 2002) (Note MH)
)

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Le même endroit lors de la reconstitution du 850aire de l’abbaye en 2002
(photo M. Hubert)

Telle est la vérité sur la mort atroce de Rémy Himmer.

Un joumal germanophile sud-américain s’étant fait l’écho des accusations allemandes, un membre éminent du sénat belge M. Speyer, défendit, en termes émouvants, dans la séance de la Haute Assemblée du 23 mai 1919, la mémoire de M. Himmer :

« J’ai pensé, messieurs, que ces accusations devaient être flétries publiquement. Je sens la rage me monter au coeur en lisant pareils documents. L’audace allemande est avilissante et mérite le plus profond mépris. Pour la mémoire de M. Himmer, le plus bienveillant des industriels et le plus philanthrope des patrons, j’ai cru devoir protester. Après avoir tout un jour tenté le salut de ses ouvriers, cachés dans une cave, alors que durant dix heures les Allemands occupaient la fabrique, il s’est offert en holocauste pour sauver son personnel. Et l’on veut souiller la mémoire de cet homme de bien ! Qu’une voix, ma faible voix, se fasse au moins entendre pour maudire les bourreaux et saluer avec émotion les nobles victimes. »

Dinant a célébré (en 1919 ), avec un renouveau de ferveur, semble-t-il, l’anniversaire tragique. La cité mosane a répondu ainsi à ceux qui veulent jeter le manteau de l’oubli sur le douloureux martyre du 23 août 1914. Et Dinant a raison. C’est en maintenant vivace le souvenir, en le préservant d’un oubli funeste, que l’on évitera les dangers futurs.
En septembre 1914, M.Edgard Himmer, le distingué directeur actuel de la Manufacture de Leffe, fils ainé du disparu répondit en ces termes à un officier supérieur allemand : « Certes non ; mon père, pas plus que ses ouvriers, n’avait d’armes. Mon père avait, du reste, les armes en horreur. Il m’a même défendu de chasser jusqu’à l’âge de 40 ans et je puis attester que, non seulement il n’avait pas d’armes sur lui, mais qu’il n’en a jamais possédé chez lui. »
Fin de citation

En 1919, eurent lieu de grandes cérémonies de commémoration au cours desquelles furent inauguréees deux stèles commémoratives placées dans la grande cour de la Manufacture de tissus de Leffe.

La première plaque qui honore la mémoire de Remy HIMMER et son sous-directeur Mr Charles NAUS est restée très longtemps en place jusqu’à la disparition de l’usine, réduite à la portion congrue par diminutions de surface successives, puis transformée en logements sociaux.
Cette plaque a disparu, malgré les efforts de la famille pour la retrouver.

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Plaque 1919

La seconde plaque, qui énumère les noms des membres du personnel assassinés lors de ces mêmes journées, etait encore visible il y peu dans la rue Remy HIMMER, quelques centaines de mètres vers les Fonds de Leffe, mais elle a été replacée en 2007 dans l’entrée du nouveau complexe de logement sociaux qui a succédé à la Manufacture.

La mise de ces notes sur Genedinant vise à ce que le passé de nos familles ne soit pas oublié.

Voir mon interview pour le centenaire ici

http://www.matele.be/bienvenue-chez-vous-dinant-ville-martyre

Michel M.E. HUBERT, arrière petit-fils de Rémy HIMMER

Sa généalogie est ici :
http://gw4.geneanet.org/index.php3?b=michubert&lang=fr ;pz=maxine+marie+francoise+cicercule ;nz=coton ;ocz=0 ;p=remy+adolphe ;n=himmer