Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

OU DONC FUT DINANT ? (2) Témoignages sur le martyre de Dinant en août 1914

5 février 2006 - Georges Degaudinne

Nouvel extrait du livre « Le martyre de Dinant} ». Albert nous y présente deux témoignages concernant le massacre de 600 Dinantais par les troupes d’occupation, au cours des terribles journées des 23, 24 et 25 août 1914.

Un témoin oculaire.

Mr. Dernivoy Remacle, qui habitait près de la papeterie au-delà de l’enclôs « Al Prée » , fut témoin oculaire des faits qui se déroulèrent en cet endroit. Dans le récit qu’il en a fait à M. Van Rijkevorsel, il se trouvait caché dès 5h30 du matin, dans le tronc d’un arbre creux, à environ vingt mètres de chez lui.

Vers 5h30, les huit premiers prisonniers ont étés amenés avec leurs femmes et leurs enfants. Ils avaient été pris dans la cité Coppée, au vieux moulin. Amenés à la papeterie, près de chez Ravet, les hommes sont mis à gauche contre le rocher, et les femmes dans la cour de l’autre côté.

Ils sont fusillés aussitôt. Environ une demi-heure plus tard,, le père Gaudinne, âgé de quatre-vingts ans, a été pris dans sa maison, avec une fille de 18/19ans. La fille est mise avec les autres femmes dans la cour, et le père a dû se placer, les mains levées, entre deux cadavres où il a été tué.

Vers 7 ou 8 heures, la famille Migeote - le père, les deux fils et un beau fils - ont voulu se sauver. Un officier leur a parlé et tous les quatre sont retournés. On les a placés dans un jardin et fusillés ; le bâton du vieux père y a été retrouvé.

De toutes parts, on amenait des prisonniers qui étaient fusillés derrière la scierie Ravet , du côté du bois . Ceci a duré toute la journée jusqu’à la tombée de la nuit.

Dernivoy a eu son beau-frère et son beau-père tués le lundi dans l’après-midi, sa maison incendiée le dimanche vers 7h du matin...................

Extrait du témoignage de Madame DETINNE-JACQUET

... bientôt, le canon fut conduit plus loin près de chez Gaudinne . Nous constatâmes que la maison, Dernivoy était en feu. Entre trois et quatre heures, on ordonna que les hommes devaient sortir, mais ils craignaient pour leur vie. D’ailleurs, la sentinelle qui gardait la porte, faisait signe à Jules Gaudinne , âgé d’à peine seize ans de s’abaisser, de se faire plus petit. Il était trop tard, un soldat enragé les mit tous dehors.......et sa mère lui dit : « tu dois nous quitter, avec ton père, mais nous nous retrouverons tous plus tard avec Dieu ! ».

D’autres dépositions de ce genre ...

51 dépositions de ce genre sont reprises dans le livre. Six cents hommes, femmes et enfants ont été massacrés pendant les journées des 23, 24 et 25 août , tous les édifices ont été détruits, l’hôtel de ville, avec la justice de paix, plus de 1000 immeubles..... (NDR : Voilà pourquoi il n’y a plus d’archives autres que celles de l’Etat Civil pour Dinant).

Plus des deux-tiers du territoire bâti de la ville sont complètement rasés des bâtiments qui les couvraient. Le feu avait laissé des ruines mais les « bandits » les ont fait disparaître. Pendant l’occupation, ils ont ordonné le nivellement général de Dinant, comme en 1466, sous les ordres du Charolais.

Ici aussi...

Le vainqueur voulait qu’on se demandât « Où donc fut Dinant » ?