Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

LES FOUILLES DE LA RUE SAINT-JACQUES

3 décembre 2006 - Jacques LECLERE

Après deux mois de fouilles, ce 1er novembre 2006, se termine le second chantier, au pied de la rue Saint-Jacques, en vue de la construction de 4 immeubles à appartements encadrant le carrefour de la rue Sax.

Avant la construction des deux immeubles côté Saint-Jacques, l’emplacement où ces derniers devaient être érigés, n’a malheureusement pas été fouillé. Lors du chantier situé entre St Jacques, la Place Patenier et le côté Meuse, il a été découvert des fosses de tanneurs, ce qui corroborait l’appellation jusqu’ au 19ème siècle de « Quartier des Tanneries » donné à l’espace qui se trouvait entre la Place Patenier et la gendarmerie.

JPEG - 45.3 ko
Puits à eau potable
mis au jour dans une des caves des habitations fouillées

Or, au cours de la seconde partie des fouilles qui se sont situées entre la rue Sax et le côté Meuse, du côté gauche, une intéressante découverte de 3 fours de dinandiers a été faite.

JPEG - 49.4 ko
Four de dinandier
Vestige d’un des 3 fours de dinandier retrouvés au cours des secondes fouilles.

Alors que la tradition donnait l’emplacement de ces dinandiers le long de la Meuse à plus ou moins 1 Km de là en amont, à l’emplacement de l’ancienne brasserie Stévenart. Lors de la construction du quai de Meuse entre la résidence « Les Brasseurs » et « l’hôtel Ibis », il fut découvert des pieux en bois dans la Meuse. C’était dans ces environs que ce trouvait l’affinoir des Batteurs, comme le montre encore une ancienne carte postale du début du siècle.

JPEG - 38.9 ko
Affinoir des batteurs
Ce qui reste vu, aux eaux basses, d’une construction ayant fait autrefois partie de l’Affinoir des batteurs (Situé aux environs de l’ancienne brasserie Stévenart)

A défaut de plus de documents, nous pensons que les fondeurs fabriquaient les lingots de laiton, de renommée européenne à l’époque, qui étaient vendus et travaillés en ville.

Un note trouvée dans un livre de Josy Muller : « Laiton et Dinanderie »édité en 1983 par les Musées Royaux d’Art et d’Histoire, nous dit ceci :
« A Dinant, sur un tronc avec enclume, le cuivre était affiné. Puis pour produire une feuille de laiton ou plaque rectangulaire, sur une pierre de Bretagne recouverte ou non de derle(*), posée sur le tronc, on plaçait une couche de calamine (zinc) concassée et en partie coulée (le zinc se volatilise à 420° C). Sur cette couche, on répandait le cuivre sorti du creuset (fusion à 1.084° C) à un certain degré.
« Ces deux couches de matériaux superposés, dans un sens ou dans un autre, étaient peut-être, on ne sait, recouvertes de derle. Alors au moment qu’il jugeait opportun, l’artisan se mettait avec un marteau spécial, à battre le cuivre, à le marteler pour y faire pénétrer des éléments de calamine non gazéifiés. Après le refroidissement, on remettait le tout au four et on le recoulait avec un nouveau lit de calamine, etc. et ainsi trois fois de suite de manière a obtenir un beau laiton bien malléable et dans lequel était intégré au cuivre un tiers de zinc ou calamine. C’était la proportion de Dinant.
Un batteur n’est donc pas un artisan qui travaille le laiton au repoussé, mais le bat lors de la fonte.
(*) La derle est une sorte de terre plastique propre à la région dinantaise.

Afin de découvrir l’histoire de Dinant, il est de toute première importance d’effectuer des fouilles sur une longue période (plus des 2 mois légaux) à l’emplacement de l’ancienne brasserie Stévenart où l’on sait maintenant que des travaux seront exécutés dans quelques mois.

Pourquoi attendre sans rien faire, les dates d’ouverture des deux chantiers prévus (Place Patenier et Brasserie Stévenart) ?