Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

LE MYREUR DES HISTORS 3

4 mars 2007 - Jacques LECLERE

Retrouvons notre narrateur, Jean D’Outremeuse, et avec lui, nous découvrons une nouvelle tranche de l’histoire de notre bonne ville de Dinant...

Armoiries de Dinant.

Les Dinantais participèrent en grand nombre à la sanglante bataille des Steppes, livrée le 13 octobre 1214 par les Liégeois commandés par leur prince évêque Hugues de Pierrepont aux Brabançons, conduits par Henri de Louvain, leur duc. Les Brabançons furent mis en pleine déroute.
(V. 77)

Au fort de la bataille (des Steppes) les Liégeois, Hutois, Dinantais, Tongrois, ceux de Fosses et de Thuin voient apparaître dans le ciel, le glorieux martyr saint Lambert et la Vierge Marie tout de blanc vêtus.
Saint Lambert frappait de l’épée avec vigueur ; sur ce ils se mirent tous à crier « Frappez, frappez barons, car la victoire est à nous ! ». A ces paroles, les Liégeois reprennent courage. La bannière du duc de Brabant est abattue dans l’herbe, fendue par le milieu. Jean « li Los­sengnour », un bourgeois de Dinant, l’a pris et certains écrits disent que depuis les Dinantais portent un lion coupé dans leurs armoiries. Alors le duc prit la fuite.
(V. 92)

Comme je l’ai dit, Dieu tira successivement vengeance de tous ceux qui ravagèrent le pays de Hesbaye et qui attaquèrent et spolièrent la cité de Liège. Ainsi le comte de Clermont s’est emparé de Jodoigne, l’a pillée et brûlée toute entière et l’a donnée aux Hutois et aux Dinan­tais qui l’accompagnaient, il a traité de la même façon Gembloux, Ni­velles et tous les villages des environs.
(V.98)

L’empereur Othon, furieux de ce que l’évêque de Liège n’avait pas voulu le reconnaître comme tel, jura de débarrasser le pays de Liège de tout le clergé et de s’emparer de ses biens. Et il régla comme suit le partage futur de la principauté : il prendrait pour sa part la cité de Liège, le duc de Brabant aurait Huy et Moha avec leurs dépendances, Renard, comte de Boulogne, devait recevoir Dinant et tout le pays qui en dépendait, et Ferrand, comte de Flandre, obtiendrait Fosses, Thuin, Couvin et leurs dépendances.
(V.122)

En 1228, il arriva à Dinant que la grande roche qui surplombait l’é­glise Notre-Dame, se détacha et tomba sur l’église, causant des dégâts considérables. C’était le 22 décembre, le lendemain de la fête de saint Thomas l’apôtre, un prêtre était en train de dire la messe, il ne fut pas atteint, mais toutes les personnes qui au nombre de trente-six as­sistaient à la messe furent tuées.
(V.203)

En 1234, on fonda à Dinant un couvent des Cordeliers.
(V. 221)

Mort de Jean d’Aps.

Quand l’évêque Jean d’Aps eût brûlé Luxembourg, il alla avec le comte de Flandres et le comte de Looz assiéger le château de Poil­vache qui était occupé par le comte Galeran (Waleran), fils du comte de Luxembourg. L’évêque s’en empara et le détruisit le deuxième jour de mai de l’an 1237. Puis l’évêque Jean d’Aps revint dans sa bonne ville de Dinant lorsque subitement il tomba gravement malade, puis mourut.
(V. 229)

En septembre 1242, l’évêque Robert de Langres acquit de Waleran, fils du comte Waleran, qui fut tué devant Monjkoie, le pont de Leffe et toutes ses dépendances avec tous les droits qui en découlaient. Cette acquisition comprenait tout le territoire longeant la Meuse jusqu’à une roche qui était située vis-à-vis de la ville de Bouvignes et tous les droits que le dit comte Waleran avait dans la ville de Dinant. Seule­ment Waleran, alors âgé de douze ans, ne pouvait exécuter la conven­tion que trois ans plus tard à l’âge de sa majorité. C’est ce qu’il fit alors et le prix du marché lui fut compté en argent au change de Di­nant.
(V. 254)

Henri de Dinant

Henri de Dinant, le fameux tribun liégeois, en l’an 1255, visita toutes les bonnes villes de la principauté entre autres Dinant, et il fit tant et si bien qu’il parvint à les attirer toutes dans son parti.
(V. 320)

Il arriva qu’un mardi, Henri de Dinant se présenta devant les échevins de Liège et les requit de payer chacun son marck pour la taille ; mais Arnulf des Prez, qui était le plus puissant chevalier de la cité, dit à Henri de Dinant : « Déloyal ! Traître ! Tu brasses de bien mauvaise be­sogne ! Tu penses nous détruire, mais c’est nous qui t’anéantirons. Nous ne paierons rien et ta réquisition nous déplaît beaucoup. Quand le temps sera venu, sois sans crainte nous te paierons bien. » Alors Henri de Dinant répondit aux chevaliers : « Sires, vous paierez ou vous serez bannis de la cité ! ». - « Vilain traître, s’écria alors messire Arnulf, tes ancêtres sont venus à Liège, fuyant, chassés de Dinant et poursuivis comme des malfaiteurs, tandis que moi, je descend d’Ogier le Danois et mes ancêtres sont venus ici considérés comme les plus nobles de France, comme étant de sang royal. Et tu penses nous per­sécuter ? ». Comme il achevait ces mots, son fils le noble chevalier Radulfe des Prez tira un couteau et par trois fois en frappa au ventre Henri de Dinant, et il crut l’avoir tué.
(V. 324)

Dinantais contre Flamands et Namurois.

En 1277, le comte de Luxembourg ayant ravagé le Condroz et le comte de Namur ayant brûlé Warnant, les Liégeois, ayant convoqué les Hu­tois et les Dinantais, entrèrent en campagne. L’armée liégeoise se di­visa en trois corps ; les Dinantais qui formaient le troisième corps, sous la conduite du sire de Rochefort, se dirigèrent vers Namur et ils ne cessèrent d’incendier et de piller pendant trois jours. Mais le comte de Flandre, à qui appartenait le comté de Namur, avait assemblé foule de gens d’armes et, à marches forcées, se dirigeait vers Dinant. Il ar­riva devant la ville le 25 mai. Les Dinantais eux, étaient déjà rentrés, car ils ne connaissaient plus rien à l’incendier ; les Hutois étaient re­tournés chez eux. Alors arriva à Dinant, Simon de Walcourt, noble che­valier qui venait prévenir les Dinantais que le comte de Flandre se di­rigeait vers leur ville avec plus de 10.000 hommes. Quand les Dinan­tais entendirent cela, ils déclarèrent qu’ils voulaient combattre les Na­murois et les Flamands. Alors messire Thierri de Rochefort, avoué de Dinant, leur demanda : « Barons que voulez-vous faire ? » et Hélin de Waudrecheez lui répondit : « Si nous nous trouvions maintenant en face du comte nous lui offririons la bataille, car Dieu et saint Lambert nous aiderons, car nous défendons l’honneur de leur église. ». Alors tout le peuple s’écria : « Sortons, sortons de la ville et attaquons-les ! ». Quand Thierri entendit cela il les rangea en ordre de bataille et ils sortirent de la ville ; ils aperçurent aussitôt les Namurois au nombre de dix mille, derrière lesquels venait le comte de Flandre avec quatorze mille hommes. Les Dinantais eux étaient six mille. Hélin de Waudrecheez qui était au premier rang donna le premier coup étendant roide mort à ses pieds renard de Poivache.
Alors commença une mêlée terrible , Thierri de Rochefort se battit vaillamment. Il tuait tout le monde à droite et à gauche ; les Namurois fuyaient devant lui. Il tua ainsi Gobier de la Maladrie, Jean de Lovan­gnis, Pierre de Pondrelous et Henri de Flostre ; tous les ennemis le fuyaient ; à ses côtés combattaient Jacques son frère et le sire de Spontin, Dans les rangs namurois, il y avait un chevalier nommé Rigals de Hutain qui abattait et tuait tous ceux qui se présentaient de­vant lui ; il coupa la tête de Richard de Pelemont de même qu’à Pierre de la Roche et à Jean de Saint Médard. Lorsque Thierri de Rochefort vint devant de Rigals, il le frappa si fort qu’il le fendit en deux, puis il tua encore Arnulf Pelhor, Foulque de Sosterie, Guy del Hostelerie et plusieurs autres, Jacques de Rochefort, son frère, se battait courageu­sement aussi. Enfin les Namurois furent mis en pleine déroute et prirent la fuite ; les Dinantais s’emparèrent des armes et de équipe­ments des vaincus et reprirent le chemin de leur ville ; en retournant, ils rencontrèrent les quatorze mille Flamands qui pensaient les enve­lopper, mais leur tentative échoua. Thierri de Rochefort dit alors à ses hommes : « Seigneurs, retirons-nous dans la ville car nous sommes fa­tigués et nous ne pourrions supporter les fatigues d’un nouveau com­bat, comme eux. » Les Dinantais répondirent à leur avoué : « Faites de nous ce qu’il vous plaira ; » Thierri alors les ramena vers Dinant, mais ils ne s’étaient pas avancés de IV bonniers, qu’ils étaient attaqués par les Flamands, ils se défendirent tout en reculant jusqu’à ce qu’ils fussent rentrés dans leur ville, Mais en même temps qu’eux, il entra dans la ville deux mille deux cents Flamands, si excités par l’ardeur du combat qu’ils ne songèrent pas à battre en retraite ; mais quand Henri Aubrebis, qui était maire de Dinant, vit que tous les Flamands voulaient entrer dans la ville, il laissa tomber la herse et ainsi une partie de des Flamands furent enfermée dans la ville et le reste de­meura dehors, Alors les habitants de Dinant, clercs et laïcs, femmes et enfants assaillent les Flamands renfermés dans la ville ; ceux-ci à grands cris demandaient qu’on les prit à rançon, mais ce fut en vain car ils furent tous tués. Le lendemain matin, maître Berlaine de Dinant dressa une machine au moyen de laquelle les Dinantais jetèrent tous les morts dans le camp des Flamands ce qui causa une grande peine au comte de Flandres et lui fit dire : « Ces Dinantais sont tous des diables ». « Oui, ajouta Henri de Beaumont et nous ne pouvons pas rester ici. » A peine avait-il fini de parler que la cloche du ban commença à sonner à toute volée. C’était Hélin de Vauchoir qui l’avait ordonné afin d’effrayer les Flamands. Puis Jean d’Oumont fit ouvrir les portes de la ville, ce que voyant, les Flamands crurent que les Dinantais allaient sortir de la ville pour les attaquer et ils s’enfuirent abandonnant leurs bagages. Les Dinantais firent un tel butin qu’ils en furent tous riches. Lorsque les Liégeois et les Hutois eurent appris la victoire de ceux de Dinant, ils devinrent plus audacieux et étant entrés dans le Brabant Wallon, ils ravagèrent et incendièrent tout le plat pays. Ce fut le dernier épisode de la fameuse guerre de la Vache.
L’an 1293, les Liégeois mandèrent à Gui de Dampierre, comte de Flandre et de Namur, d’avoir à payer aux Dinantais 300 livres de gros qu’il leur devait au nom de l’évêque Jean, son fils et qu’il pouvait être certain que, faute à lui de payer, ils iraient assiéger le château de Namur.
(V.486)

En 1297, il se faisait que le comte de Flandre et son lieutenant étaient redevables d’une assez forte somme à ceux du pays de Liège et cela à cause de son fils Jean de Flandre, jadis leur évêque. C’était surtout aux Dinantais qu’ils devaient la forte somme et cela depuis la mort de l’évêque Jean, c’est pour cette raison que les Dinantais ravagèrent en partie le comté de Namur et brûlèrent la ville de Bouvignes.
En 1301, les Dinantais de même que les Hutois se rendirent à Fosses pour aller porter secours à l’évêque Adolphe de Waldeck que les habi­tants de Fosses assiégaient dans son hôtel.
(VI. 11)

En 1303, le nouvel évêque Thibaut de Bar fit sa joyeuse entrée dans la ville de Dinant et prêta le serment accoutumé.
(VI. 45)

La comtesse de Hainaut et ses alliés étant allés mettre le siège devant Thuin, l’évêque et ses gens de guerre de toutes les bonnes villes de la principauté : Huy, Dinant, Tongres, Saint-Trond, Maestricht, etc, se portèrent au secours des assiégés.
(VI. 119)

En 1312, les Dinantais ainsi que ceux de Huy, Tongres, Saint-Trond, Thuin et Fosses firent alliance avec les Waroux.
(VI. 174)

Au mois de juillet de la même année, les Waroux renouvelèrent leur alliance avec Huy, Dinant et Fosses. Et sans plus tarder Hutois et Di­nantais avec le comte de Looz et les Waroux allèrent assiéger Spontin, car, précédemment le sire de Spontin avait fait pièces aux Dinantais. Quatre jours durant, ils brûlèrent les moulins, les granges, mes mai­sons, les étables, puis, après avoir tout ruiné, ils retournèrent chacun chez eux.
(VI. 188)

Lutte contre le prince-évêque.

Le sire de Bailleul dont les terres avaient été ravagées par les Awans ayant l’évêque à leur tête, rassembla les Dinantais et les Hutois et vint loger à Hansinelle, disposé à combattre. C’était le 19 juin 1314. Vers minuit on annonça la chose à l’évêque, aussitôt il fit armer ses gens t s’en vint à Hansinelle, pour combattre ceux qui y étaient logés ; mais le sire de Bailleul avait été prévenu, avait fait sortir ses troupes de la ville et les avaient rangées en ordre de bataille, ils étaient bien six mille hommes petits et grands, tous à pied ; l’évêque n’avait avec lui que mille combattants, mais c’étaient tous des guerriers d’élite. L’é­vêque ordonna l’attaque, mais les troupes du sire de Bailleul se défen­dirent vigoureusement et elles se tenaient toujours si serrées qu’il semblait que les combattants fussent cousus ensemble. Les troupes de l’évêque revinrent plus de vingt fois à la charge durant la nuit, mais ce fut en vain. Aussi l’évêque entra dans une grande colère, surtout lors­qu’au matin il apprit qu’un sien cousin était resté parmi les morts. L’évêque allait livrer un nouveau combat quand arriva le sire de Falcoumont avec mille lances ; celui-ci, lorsqu’il eut vu le maintien des Hutois et des Dinantais dit à l’évêque : « Sire, ces Hutois et leurs com­pagnons sont à pied et pesamment armés, ils ne pourront durer long­temps ainsi ; ils seront assez tôt content de se rendre, si nous les lais­sons quelque temps dans cet état, ils ne bougerons pas, et nous les fe­rons prisonniers sans coup férir. » L’évêque suivit le conseil du sire de Falcoumont et fit bien, car ils demeurèrent là jusqu’au soir, et cela au mois de juin, alors que les jours sont longes et chauds ; or, la nuit pré­cédente ils n’avaient pas dormi, ils furent bientôt brisés de fatigue, car ils mouraient de faim et de soif, et étant pesamment armés, ils n’osaient presque pas bouger, tandis que l’évêque et ses gens, montés sur des bons chevaux, n’étaient nullement fatigués. Alors l’évêque fit descendre ses gens de cheval et ils se préparèrent à livrer bataille ; quand les Hutois et leurs compagnons virent cela, ils en furent vivement émus. L’abbé de Lobbes et celui d’Aulne durent s’interposer pour demander une trêve de quatre mois. L’évêque céda à la prière des abbés. Les Hutois et les Dinantais ayant appris cela, se jetèrent à genoux devant l’évêque et ils auraient fait bien volontiers toutes les volontés de l’évêque, si celui-ci ne s’en était allé immédiatement. Les Dinantais rentrèrent dans la ville et firent la paix avant la fin de la trêve.

(a suivre)