Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

LE MYREUR DES HISTORS 2

21 décembre 2006 - Jacques LECLERE

Baladons-nous au gré des pages de cette chronique qui vous a été présentée dans un article précédent. Baladons-nous et n’y errons pas, furetons plutôt, car nous savons exactement ce que nous y cherchons : des extraits où nous trouvons des références à notre ville de Dinant. Aidons-nous pour cela des « Documents inédits pour servir à l’histoire de Belgique - Chronique de Jean de Preis, dit d’Outremeuse » par A. Borgnet. 6 gros volumes in-folio. Hayez, Bruxelles (1864-80). Les chiffres qui suivent chaque extrait renvoient (tome et folio) à l’ouvrage submentionné.

Origines de Dinant.

L’an 53 après Jésus-Christ, Colongus, roi de Tongres, fonda la ville d’Arche ; elle prit ce nom parce qu’il la fit en la terre que l’on appelait la Rendarche, qui s’étendait sur une longueur de plus de 10 lieues ; maintenant cette ville est appelée Dinant. Colongus en fit un comté et le donna à Richaire, son fil, qui en fut le premier comte.
(I.450)

Apostolat de Saint Materne.

L’an 122, saint Materne vint dans la ville d’Arche, où l’on adorait les idoles. Parmi les idoles, il y en avait une en laquelle les habitants avait la plus grande confiance : elle s’appelait Nam. Il y avait aussi là un serpent qui faisait beaucoup de mal à ceux de la ville, car il dévorait tant de gens, étant toujours aux aguets, que personne n’osait sortir de la ville, sans être armé en conséquence. Ceux de la ville pensaient se débarrasser de ce serpent par l’intervention de leurs idoles, en les implorant ; mais plus ils priaient leurs idoles, plus ils étaient accablés par le serpent. Alors arriva saint Materne, il commença à prêcher, voulant convertir le peuple à sa foi ; mais les habitants se moquaient de lui et le tournaient en ridicule à tel point que saint Materne disait que jamais ils n’avait rencontré gens si lourds, ni si grossiers. IL recommença le lendemain sa prédication et ainsi tous les jours à continuer ; mais ils se moquaient toujours de lui. Il arriva qu’un jour le serpent vint, entra dans la ville et assaillit les habitants en tuant quatre-vingt-huit ; puis il entra dans le temple des idoles, et tua là quarante-trois personnes qui adoraient les idoles, et il jeta par terre toutes celles-ci si violemment qu’il les brisa toutes. Saint Materne se présenta alors, tenant son bâton pastoral, il assaillit le serpent tout seul, devant tout le peuple et le tua et l’anéantit par la grâce de Dieu. Et quand le peuple eut vu cela, il demanda pardon et tous ensemble, ils reçurent le baptême.
Le comte d’Arche qui s’appelait Agilfo et la comtesse qui s’appelait Agrippine reçurent aussi le baptême ; le comte fut appelé Materne et la comtesse Marie. Puis saint Materne fonda en la ville de Dinant deux églises : l’une en l’honneur de la Vierge Marie et l’autre en l’honneur de saint Etienne, qu’on appelle maintenant l’église saint Memmius (saint Menge), parce qu’un évêque , saint Memmius, assista à sa fondation. Saint Materne fonda l’église Notre Dame au lieu où était le temple des idoles, mais avant cela, il alla vers Nam, le dieu qui séjournait dans ce temple et lui dit : « Dic Nam : ad quid hic stas. » C’est-à-dire en français : « Dis Nam, pourquoi restes-tu ici ? Tu n’y resteras plus. » Alors il le frappa d’un coup de son bâton pastoral et Nam tomba tout en pièces ; et le diable s’en alla en criant et en faisant du bruit comme le tonnerre et la tempête. Et depuis lors, la ville d’Arche fut appelée Dicnam parce que saint Materne avait ainsi adressé la parole à l’idole, disant « Dic Nam ». Elle fut longtemps appelée ainsi ; mais les gens changèrent par l’usage, car lorsqu’ils devaient dire Dicnam, ils disaient Dinant, c’est ainsi Dinant-sur-Meuse. Quand saint Materne eût converti Dinant, il descendit la Meuse jusqu’à la ville de Sedroch où il y avait une idole ; c’était Nam qui l’animait tout comme à Dinant. Mais quand Nam était à Dinant, il donnait par l’intermédiaire de l’idole réponse aux gens sur ce qu’on lui demandait, et à Sedroch, il ne parlait pas. Saint Materne vint là avec ses disciples et plusieurs gens de Dinant qui dirent à ceux de la ville, comment saint Materne avait mis à mort le serpent et avait détruit toutes leurs idoles et comment il les avait tous baptisés. Que vous dirais-je encore ? Ceux de Dinant dirent et firent tant que ceux de Sedroch firent grand honneur et grande fête au saint homme, Saint Materne.
(I. 525)

L’an 294, l’évêque Martin de Tongres résolut de visiter son grand diocèse ; il alla jusqu’à Chimay et revint sur ses pas toujours préchant, mais il les trouva bons chrétiens. Et il vint à Dinant, à Namur, à Huy et dans une petite ville qu’on appelle Horion, qui se trouve entre Liège et Huy ; il voulut loger là cette nuit, mais il ne trouva personne qui voulût l’héberger.
(II. 41)

Les Tongrois et les Sycambiens s’unirent et allèrent à Maestricht où se trouvaient les Romains ; et bientôt ils leur coururent sus. Il y avait là grande foule, car l’évêque de Tongres avait mandé le duc d’Ardenne, le duc de Lotharingie, le comte de Dinant, le comte de Namur qui vint bien avec 40.000 hommes et le comte d’Osterne et ceux de Huy ; Raufroy, le duc d’Ardenne les commandait.
(II. 46)

Après, par la divine inspiration, fut fait vingt et unième évêque de Tongres, le fils de Randat, comte de Dinant ; il était chantre et chanoine de l’église de Maestricht et s’appelait Monulphe, car sa mère qui était fille du comte d’Osterne, qu’on appelle maintenant Looz, aussi s’appelait Monulphe. Il régna très saintement 39 ans et fit beaucoup de bien à l’évêché, comme vous l’apprendrez en partie par ce qui suit. L’an 557 le comte Randas de Dinant étant malade, l’évêque Monulphe alla le visiter.
(II. 259)

Saint Perpête. Ses miracles.

L’an 589, le quatrième jour de novembre, l’évêque Perpête mourut à Maestricht ; ce fut un vaillant homme, de bonne vie, et qui autant que cela fut en son pouvoir répandit beaucoup la vraie foi. Il fut d’abord enseveli en l’église Saint Vincent à Dinant, mais depuis son corps fut transféré en l’église Notre-Dame de Dinant, où il fut avec grande solennité mis en une châsse en raison des grands miracles que Dieu faisait par son intercession. Sa fête fut fixée par le pape à l’avant dernier jour de décembre, savoir, la veille de saint Sylvestre, pape. Ce saint Perpête était d’Allemagne, le fils d’un riche et puissant chevalier du duché d’Autriche, qui se nommait également Perpête ; sa mère s’appelait Prudence et était la fille d’un vaillant chevalier, qui lui était maire de Cologne. Ce saint évêque Perpête fit de nombreux miracles à Cologne, car il ressuscita trois hommes que le tonnerre et l’orage avaient tués. Ensuite un bourgeois de Dinant, qui s’appelait Thiry, avait un fils que l’on nommait Fulchère qui avait la pierre en sa vessie et qui en outre était naturellement affligé d’une hernie ; son père avait fait marché avec un médecin qui devait l’opérer. Le lendemain, il arriva que Fulchère s’en allant coucher, pria avec dévotement saint Perpête, qui faisait tant de miracles que c’était merveille, de bien vouloir le secourirt et qu’il enrichirait sa châsse de dix marcs d’argent. Sur ce il s’endormit et en dormant il fut guéri et débarrassé de toutes ses maladies. Après ce fut un autre qui s’appelait Clément et qui se baignait dans la Meuse à Dinant ; il allait se noyer et en mourant il se souvint de saint Perpête, et ce saint l’amena sain et sauf au rivage ; cet homme le racontait à qui voulait l’entendre. Après, une femme d’une auberge tirait de l’eau d’un puit à Dinant, elle tomba dans le puits et tous ses membres furent brisés ; et quand elle fut apportée devant la châsse de saint Perpête, elle ressuscita et fut guérie de toutes ses plaies et tous ses membres furent rétablis.
(II. 271)

L’an 596, il y eut en la ville de Dinant un bourgeois du nom de Thiry qui tomba du haut d’un rocher et se tue ; on le porta alors devant la châsse de saint Perpête et Dieu le ressuscita pour l’amour de son vrai confesseur.
(II. 276)

En cette année (598), le vingt-sixième jour de novembre, Meuse fut grossie par les pluies, plus que jamais on ne l’avait vu. Il arriva qu’un clerc du nom de Clément et qui était du pays de Dinant, était monté dans une maison neuve qui était bâtie près de la tour de l’église Notre-Dame, au-dessus de la rivière de la Meuse, par malheur il tomba dans la rivière et fut bientôt asphyxié par l’eau. Or, il arriva que le dit clerc, en cette heure se rappela saint Perpête et le réclama en son cœur ; et alors que le clerc était presque noyé et que la force de l’eau le tirait au fond, comme il arrive à ceux qui ne savent nager, il vit à ce qu’il lui semble, saint Perpête habillé en évêque, qui le prit par la tête et l’emmena au rivage sain et sauf. Et ainsi il échappa. Il révéla le dit miracle aux gens de la ville, aussi l’on brûla de nombreux cierges et l’on fit une procession en l’honneur de saint Perpête.
La même année (599), le seizième jour de juin, une jeune femme de la ville de Dinant, tirait de l’eau à un puits. Arriva là un valet dont la demoiselle était amoureuse, et il commença à tirer au pot avec lequel elle puisait son eau ; et elle tirait de son côté et ainsi tout en tirant joyeusement et pour badiner, il arriva que la demoiselle tomba dans le puits, la tête en bas et sa tête heurta le mur du puits, si fort qu’elle fut tuée sur le coup. Alors vinrent des gens qui tirèrent le cadavre hors du puits et le portèrent à l’église, sous la châsse de saint Perpête, en priant le saint évêque de bien vouloir implorer Dieu pour la dite demoiselle. Et pendant qu’ils étaient là en oraison, la demoiselle ressuscita, guérie de toutes ses blessures.
(II. 280)

En octobre 867, le corps de saint Hubert, enseveli depuis cent cinquante ans, est tiré de son tombeau et transporté de Liège à Audagion. Il passe par Dinant.
(III. 380)

La huitième abbaye séculière du pays de Liège se trouve à Dinant-sur-Meuse et est établie en l’honneur de Notre-Dame.
(IV. 105)

Au mois d’août 992, le comte de Hainaut, cousin de Yldris, sire de Chèvremont, outragea grandement l’évêque de Liège, Notger, car il alla porter le fer et la flamme dans le Condroz et dans la seigneurerie de Dinant, tuant plusieurs personnes.
(IV. 159)

L’évêque Balderic II, sur ce, revint à Liège et il manda son frère le comte de Looz, de même que le comte de Clermont, le comte de Moha, ceux de Huy, de Dinant, de Fosses, de Thuin et de Franchimont et il assembla bien trente mille hommes de la fleur des gens de guerre (1016)
(IV. 194)

L’an 1051, l’évêque de Liège, Nithard, répara le château de Dinant-sur-Meuse, qui avait été fondé longtemps auparavant et il établit à l’intérieur de ce château une chapelle en l’honneur de saint Benoît.
(IV. 241)

En 1041, une guerre s’étant élevée entre l’empereur et Eudes de Champagne, les Dinantais qui pouvaient se payer un cheval, avec ceux des autres villes, accompagnèrent l’évêque Réginard qui allait se ranger sous les drapeaux de l’empereur.
(IV. 224)

En 1059, les Hutois, les Dinantais et les Cinaciens se réunissent et vont ravager le Hainaut.
(IV. 249)

Lambert Patras, le batteur.

Le prévôt de Liège, Hélin, fit venir de Dinant un fondeur qui était bon ouvrier, du nom de Lambert Patras le batteur. Il lui fit fondre un bassin creux et épais qui pouvait contenir une aime d’eau. Lambert Patras mit tout autour du bassin des bêtes de telle façon qu’elles adhéraient au bassin, comme si sortant du bassin, elles n’en étaient sorties qu’à moitié et il en fit une belle pièce. Ce bassin fut posé à Notre-Dame à l’endroit où les vieux fonts se trouvaient ; on enleva ces derniers qui étaient en pierre comme les autres fonts. Hélin le fit garnir d’un revêtement de plomb à l’intérieur pour le défendre contre le sel qui attaquait le métal. Ces font sont encore là et celui qui irait peut les voir. (Ces fonts baptismaux sont actuellement à Saint Barthélemy à Liège (en 1900))

En 1190, l’évêque Albéron partit le quatorzième jour d’août ; il logea la première nuit à Huy, et le lendemain, qui était le jour de l’Assomption, à Dinant.
(IV. 370)

Le mardi 24 septembre, la châsse de saint Lambert, l’évêque et les barons partirent ; la corporation des bouchers porta la châsse jusqu’à Dinant et là, on la mit dans un bateau pour aller jusqu’à Liège.
(IV. 388)

En octobre 1213, l’évêque Hugues de Pierrepont manda le comte de Looz, de Clermont et ceux de Huy, Dinant, Fosses et Thuin pour aller en Brabant combattre Henri de Louvain.
(V. 70)

(à suivre)