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Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

LA VIE RELIGIEUSE DE LOUETTE SAINT-DENIS

22 juillet 2008 - Albert OTJACQUES

LIBER MEMORIALIS Anno domini 1906. Dionysi in Loueto

Ecrit suivant les données de Monsieur l’Abbé Erasme Lardot, né à Focant le 1er décembre 1830 et de son successeur
Monsieur l’Abbé J. DIEZ.

Histoire

La paroisse de Louette St Denis a été érigée sous le vocable de St Denis l’Aréopagite (Réf 1). Elle remonte à une assez haute antiquité. Par de vieux écrits conservés au bureau de l’enregistrements de Gedinne , on voit qu’elle existait déjà au 10è siècle .

Dépendant de l’Abbaye de Waulsort , l’abbé de ce monastère était décimateur de la paroisse en même temps que le curé . Vers cette époque ou au 11è siècle des difficultés étant survenues entre les habitants et l’Abbé de Waulsort, celui-ci céda ses droits temporels moyennant finances au Seigneur d’Orchimont. Nous voyons cependant plus tard et jusqu’à la révolution française les abbés redevenir collateurs de Louette St Denis. Cette paroisse comprenait alors Bellefontaine, Houdremont et Les Rivières. Après la révolution elle fut rattachée à la cure de Louette St Pierre ; cet état dura jusqu’en 1835, date à laquelle elle fut détachée par Monseigneur Dehessenelle pour former une paroisse distincte avec pour premier curé dès le 19è siècle M. Maury qui était vicaire auparavant.

Constructions.

Un peu après fut construite la maison presbytérale.

La nouvelle église de Louette St Denis construite sous le style ogival a été bâtie en 1876.

Le cimetière qui environne l’église a servi de lieu de sépulture jusqu’en décembre 1902.

1902, date à laquelle on commença à enterrer dans le nouveau cimetière qui avait été béni solennellement par Mr le Doyen LEMAIRE de Gedinne le lundi de la kermesse de l’année précédente. Une partie non bénite de celui-ci fut réservée ; elle se trouve dans le premier coin à gauche et comprend une étendue de 2 x 6 m.


(Réf1) SAINT DENYS L’ARÉOPAGITE
Denys l’aréopagite fut converti à la foi de J.-C. par l’apôtre saint Paul. On l’appelle aréopagite du quartier de la ville où il habitait. L’aréopage était le quartier de Mars, parce qu’il y avait un temple dédié à ce Dieu. Les Athéniens donnaient aux différentes parties de la ville le nom du dieu qui y était honoré ; ainsi celle-ci était appelée Aréopage parce que Ares est un des noms de Mars : ainsi le quartier où Pan était adoré se nommait Panopage, et ainsi des autres. Or, l’Aréopage (Ares) était le quartier le plus remarquable.
. Fête le 9 octobre.
Curés de la paroisse.

Il y a au presbytère un vieux carnet comprenant des actes de ventes, locations, marchés divers... des comptes de l’église et d’une chapelle Ste Barbe qui existait autrefois au 16è et 17è siècle, dans ce carnet on trouve les noms de plusieurs anciens curé de Louette.
Au 19è siècle, c’est-à-dire à partir de 1835 les curés furent MM Maury, Delannoy, Simon, Hissette, Lardot (actuellement 1906).

Mobiliers.

Les autels, les confessionnaux, le banc de communion et la chaire de vérité ont été achetés par la commune en 1896 à Monsieur Daens de Turnhout qui en a obtenu l’entreprise pour la somme de 12.500fr. Le mobilier fut béni solennellement par Mr Thill doyen de Gedinne.

Etat religieux de la paroisse.

Les habitants de Louette St Denis ont toujours été assez assidus aux offices de l’église. Les vêpres et les saluts continuent à être bien fréquentés généralement et les dimanches assez bien respectés. Il n’y a pas trop a ce plaindre au point de vue de la fréquentation des sacrements. Pour les premiers vendredi du mois, jour ou il y a salut en l’honneur de S.C. de Jésus, il y a deux confesseurs qui entendent en moyenne 85 personnes. Outre les périodes de pâques et de l’adoration, il y a une séance de confession à la Toussaint (le jour des âmes) et 200 personnes et même plus s’approchent des sacrements. Sur 375 communiants 25 personnes tous hommes et 3 ou 4 femmes ne font pas de Pâques et cela depuis longtemps. Le rosaire est établi à Louette et aussi le Tiers-Ordre de St François (Réf 2) qui comprend une soixantaine de membres ; quand l’un d’eux vient à mourir les autres lui font chanter un service. Il faut bien dire qu’en général ces tertiaires ont une excellente conduite.
Le 10 février de chaque année les paroissiens et beaucoup d’étrangers assistent à une messe de pèlerinage qui est chantée pour eux à dix heures en l’honneur de Ste Scholastique qui est fort invoquée ici contre les maladies des enfants, surtout convulsions et affections nerveuses. Il y a aussi une messe chantée chaque année, le 8 septembre pour les enfants qui font partie de l’œuvre de la sainte enfance.


(Réf 2) TERTIAIRES = membres d’un tiers-ordre
Membres du Tiers-Ordre
Tous les catholiques, prêtres ou laïcs, qui acceptent l’esprit et le règlement du Tiers-Ordre. Les enfants peuvent s’y inscrire, avec le consentement de leurs parents, à partir de l’âge de douze ans.
But de la fondation de ce Tiers-Ordre
La sanctification personnelle et celle des personnes dont les membres du Tiers-Ordre ont la charge.
Étapes pour devenir membre
1.- Inscription : La demande est adressée au prêtre chargé du Tiers-Ordre ou au Supérieur de District. Le prêtre envoie en réponse une feuille avec quelques demandes d’information. Puis si la demande est agréée, il envoie un double de la fiche d’inscription.
2.- Postulat d’un an : La postulat au cours duquel est examinée la fidélité du postulant à remplir ses obligations et son adhésion à l’esprit du Tiers-Ordre.
3.- Engagement : Le postulant au cours d’une cérémonie prononce son engagement devant le prêtre délégué. Il reçoit alors la médaille et le crucifix et sa carte de membre du Tiers-Ordre.
Obligations
1.- Personnelles :
Quotidiennes :
- Prières du matin et du soir, qui peuvent être Prime et Complies ou les prières du Livre des Retraites.
- Récitation du chapelet.
- Assistance à la Messe de toujours et communion si possible - ou un quart d’heure d’oraison.
Hebdomadaires :
- Assistance à la Messe de toujours et non au Nouvel Ordo Missae, à cause du danger d’acquérir un esprit protestant.
- Tous les quinze jours, si possible, le sacrement de pénitence ou au minimum une fois par mois.
- Tous les deux ans une retraite.
A certaines occasions :
- Jeûnes aux Quatre-Temps, aux Vigiles des fêtes de l’Immaculée Conception de Noël et de Pâques, aux Mercredi et Vendredi Saints.
- Abstinence les mêmes jours, les vendredis de carême et tous les vendredis.
- S’abstenir de toute lecture indécente, pratiquer la sobriété.

Journaux.

La grande majorité des paroissiens est catholique et c’est tout au plus s’il y a un ou deux mauvais journaux dans la localité. Tout le monde prend part aux deux processions du St Sacrement et s’y montre très recueilli. Les reposoirs sont fait avec beaucoup de goût.

L’adoration du St Sacrement.

Le 3ème dimanche de chaque mois il y a vêpres avec exposition du St Sacrement et adorations en vertu des Status de l’Oeuvre de l’Adoration perpétuelle du St Sacrement. Cette adoration ce fait assez bien surtout pendant la période d’hiver. Pour la fête de l’adoration qui à lieu le trente décembre, il y a toujours préparation faite par un religieux et les propres paroissiens de Louette se sont toujours montrés très assidus à venir écouter ces instructions. Pendants les carêmes de 1908 et puis jusque en 1912, il y a eu trois saluts la semaine avec instructions ou lecture sur la passion de Notre seigneur et j’ai remarqué que c’est le sujet qui plait le mieux au peuple pendant le temps de pénitence qui précède Pâques.

Aux Pâques de l’année 1912, comme aux précédentes telles mêmes personnes se sont abstenues du St Sacrement ; 28 dont deux ou trois femmes sur 376 communiants.

Communions des enfants.

Les enfants qui ont fait leur 1ere communion privée à la suite du décret du Pape de 1410 viennent très bien à confesse au premier vendredi du mois mais ne prennent guère l’habitude de venir tous les 8 jours. Par la grâce de Dieux, nous espérons cependant arriver à un résultat plus satisfaisant surtout quand la mission aura été donnée en cette fin d’année 1912.

Mission de 1912.

Cette Mission a été donnée en décembre par des religieux Franciscains les RR. CC. Hugolin et Liévin de Namur. Les exercices ont très bien été suivis : il y a encore eu tout de même 25 personnes, toujours les mêmes qui se sont abstenues des sacrements.
Mais un beau retour fut celui de M. J-B Adam qu’on avait plus vu à l’église après une trentaine d’années et depuis lors cet homme persévère dans ses bonnes résolutions..... A l’occasion de la mission, une trentaine de paroissiens ont revêtu le ST habit du Tiers Ordre de St François.

Un nouveau fruit aussi de la mission et du renouvellement de cette mission, c’est l’augmentation notable du nombre des communiants, surtout des enfants : 5600 communions ont été distribuées en 1913.
A l’adoration de la même année, j’ai compté 380 communiants sur 415 en âge de participer. Les saluts de carême et de mai de cette année ont été assez bien fréquentés et pendant le carême j’ai prêché sur la vie de notre seigneur.

Presse.

Pour l’année de 1914, tous les abonnés (une douzaine qui recevaient leur journal par le moyen du comité catholique de Gedinne) se sont réabonnés et je ne connais à cette date (janvier 1914) aucun mauvais journal dans la paroisse.

Guerre de 14/18

En août 1914, a éclaté une guerre terrible qui a duré plus de quatre années déjà et au moment où j’écris (oct. 1918) dure encore mais il est question de pourparlers de paix. Pendant ce temps les publications de la presse religieuse ont cessé en grande partie. La religion n’en a presque pas souffert semble t’il, dans nos paroisses les cultivateurs en général n’ont pas toujours compris leur devoir de chrétiens qui leur imposait de modérer le prix de leurs produits agricoles et de venir en aide comme il convenait aux classes nécessiteuses.

Adoration et autres.

En 1915 et 1916 le Révérend Père Flisch des Rédemptoristes est venu préparer et prêcher nôtre Adoration du St Sacrement avec grand fruit ; le nombre des communions et aussi celui des Pâques est resté à peu près le même qu’avant la guerre. Au salut des carêmes des années 1915,1916, et 1917 j’ai lu l’histoire de la Passion de N.S. avec commentaires et explications à la portée du peuple. En 1917 et 1918 plusieurs saluts ont dût être quelques fois supprimés par suite du défaut de luminaire convenable.....

Sacrements.

Les sacrements ont continués à être assez bien reçus et dans les années 1914-15-16-17 et 18, une quinzaine de personnes font la communion quotidiennement ; environs 8000 communions sont distribuées chaque année. Pour les années de 19 et de 20 il y a eu comme partout sans doute du relâchement par suite des bénéfices considérables réalisés par nos cultivateurs. Une grande cupidité en fut la suite, ajouter à cela que les grands dangers du temps de guerre étant disparus, on n’éprouve plus autant le besoin de prier avec assiduité et ferveur.
A présent (1922) nos jours reviennent à de meilleurs sentiments et quelques hommes (3) qu’on avait plus vus aux Pâques depuis 15 ou 20 ans sont rentrés dans le giron de l’église. A présent en cette même année, il reste 16 personnes ne faisant pas de Pâques.

En novembre, il y a eu un Triduum Solennel (Réf 3) prêché pour les tertiaires (55 femmes et 1 homme) par le Rd. Berthinni. A la suite de ce Triduum 6 nouveaux membres se sont présentés et ont été acceptés comme novices. On semble donc sortir peu à peu de cette apathie religieuse qui a suivi la guerre.


(Réf 3)
Le Triduum (littéralement « trois jours »), s’étend aux trois jours de Jeudi saint, Vendredi saint et Pâques pendant laquelle l’Église célèbre la Passion, la mort et la résurrection de Jésus.

Le Jeudi saint rappelle la célébration de la Pâque juive et la célébration chrétienne de la Cène aussi bien que le lavement des pieds, rappelant le ministère du service, ou diaconie.

Le Vendredi saint est l’anniversaire de la mort de Jésus. Dans l’Église catholique, l’Eucharistie n’est plus célébrée jusqu’au dimanche. L’accent est mis sur la liturgie de la Parole avec la lecture du récit de la Passion et des psaumes qui annonçaient la douleur de Jésus.

La vigile de Pâques, normalement célébrée après que le coucher du soleil du Samedi saint, est le point culminant du Triduum, quand l’Église commence à célébrer la lumière de la Résurrection. Le Triduum finit Pâques le dimanche, mais la célébration continue pendant tout le temps de Pâques

Pour les autres occasions Le Triduum égal trois jours de prières.

1923 et 1924

Le fait le plus mémorable et marquant de l’année 1923 est la Mission qui fut prêchée par les RR.CC. Nicha et Haliez O.M.I. dont les exercices religieux furent très bien suivis et il n’y eut que deux personnes (2 hommes) qui ne firent pas leur mission. Cette dernière a été suivie d’une grande amélioration religieuse et morale dans la paroisse...........

(Ici ce termine le rapport, écrit par l’Abbé Lardot, de la vie religieuse de la paroisse de Louette St Denis.)

Monsieur l’Abbé Erasme Lardot, auteur des lignes ci-dessus, né à Focant le 1er décembre 1860 , vicaire à Grand-Leez, curé à Daussous et pendant 30 ans curé à Louette St-Denis, est décédé le 5 février 1926.

A mon entrée dans la paroisse, j’ai constaté que la situation religieuse et morale était telle que l’a décri M. Lardot dans ses dernières lignes : offices du dimanche très bien suivis, assistances nombreuses aux messes quotidiennes, surtout à la saison morte. La dévotion du 1er vendredi est pratiquée par la grande majorité des femmes et des jeunes filles et une bonne douzaine d’hommes et jeunes gens. Cependant pour les Pâques, l’élan donné par la mission n’a pas été de longue durée ; deux hommes seulement ont été récalcitrant dit M. Lardot ....pour celles de 1926, sept hommes et deux femmes ont manqué et il en a été de même pour 27, 28, 29. Il faut noter toutefois qu’un des deux récalcitrants de la mission s’est réconcilié avec Dieu avant de mourir en 1928.

Les orgues, luminaires et les cloches.

Don de Louis SOUCHET, 1894.
Parrain : Joseph LAMBOT.
Marraine : Virginie FEVRY.
Curé : Jean Marie Mergeay.


Mécanisme régulateur des sonneries horaires, datant de 1931. Deux poids respectifs de 127 kg et de 180 kg entraînaient les engrenages pendant une semaine. Albert DEGEMBE les remonta pendant 40 ans.


Je m’appelle Marie-Thérèse ... seconde cloche.

En 1926, les orgues qui avaient beaucoup souffert de l’humidité ont été réparées aux frais de la commune par M. Lemercévies de Jambes pour la somme de 10.000 francs. Et pour prévoir toute humidité on les a couverte d’un toit en zinc. En septembre de la même année la commune a fait procéder à l’installation de la lumière électrique à l’église comme dans tous les bâtiments communaux.
Il est a regretter qu’elle l’ai fait pour l’église en si grande simplicité ; j’avais demandé qu’on la fasse, non par luxe, mais au moins quelque peu en rapport avec la beauté de l’église. Il me fut répondu que la dépense serait trop élevée. La commune, il faut le dire, bien qu’elle aie consenti la réparation des orgues se montre très parcimonieuse, même pour le culte....Et j’en donne un exemple : Pour le budget de fabrique de 1828, j’avais adapté les traitements des employés d’église à la situation actuelle, vu la dévalorisation du franc, c’est-à-dire que j’avais à peu prêt doublé les traitements préexistants par exemple :
200 frs pour le sacristain
200 frs pour l’organiste
400 frs pour les deux chantres ensemble, etc...

La commune a écrit un avis défavorable motivé par un cahier d’observations qu’elle avait joint au budget. La députation permanente socialiste a rejeté toutes mes augmentations et rétabli les anciens chiffres.

En présence de cette situation et craignant que la commune enhardie par le succès ne récidive à l’avenir, je n’ai pas voulu me tenir pour battu. Ayant mis le conseil de Fabrique au courant de ce qui s’était passé, nous avons formulé un recours au roi contre l’avis de la commune et la députation permanente.. J’ai remis la déclaration du conseil de Fabrique au bourgmestre en lui disant ; « Voilà ! Nous ne voulons pas brusquer les choses ; nous offrons au conseil communal l’occasion de se racheté en revenant sur une décision malheureuse. Présentez lui cette déclaration, s’il consent à la signer, tout sera fini et la députation rétablira mes chiffres. S’il ne consent pas, je fais marcher, à mon grand regret, le recours au roi ».

Le conseil communal a signé la délibération et huit jours après, M. le Gouverneur m’informait que vu l’approbation de la commune, il n’y avait pas lieu de faire jouer mon recours au roi et qu’il prierait la Députation de rétablir mes chiffres. Mon but était atteint et cette petite démonstration a servi, je pense, de leçon à l’administration communale qui maintenant n’élève plus d’observation contre les décisions de la fabrique. Je dois même dire qu’elle se montre raisonnable pour les dépenses de l’église.
Ainsi, j’ai demandé en 1928 de remédier aux cloches qui étaient par trop difficiles à faire sonner. La commune a consenti à les faire monter sur coussinets à billes pour la somme de 1800frs.

La même année j’ai demandé qu’on installe la soufflerie électrique aux orgues et cela fut fait pour la somme de 3200frs. La même année encore, ayant conçu le projet de faire peindre l’église, j’avais fais dresser un devis qui se montait à la somme de vingt mille francs. Par collecte à domicile, j’ai recueilli la somme de 11.000 frs, avec 1900frs provenant de la fondation de Catherine Baijot, je disposais de 13.000 frs, il me manquait 7000 frs. J’ai demandé l’intervention de la commune et elle a voté la somme manquante.
Le travail de peinture a été exécuté en mai 1929 par M. Rossion de Rochefort et cela à la satisfaction de tout le monde.

Années 1930 à 1933.

Pendant les années suivantes (30 à 33), la situation religieuse de la paroisse se maintient. Il a été établi en 1929 une congrégation de jeune filles qui a sa réunion le dernier dimanche du mois, avec une petit causerie d’une vingtaines de minutes ; Ces réunions sont très bien suivies.
En 1930 un cercle de ménagères à été établi dans la paroisse ; mais la marche dès le début me parait lourde et difficile. Comme la composition du cercle nécessite des dignitaires : présidente, secrétaire, trésorière, conseillères, des jalousies s’élèvent parmi ces femmes et jeunes filles qui mettent presque en danger la vie du cercle. C’est un cercle vicieux qui ne donne guère d’encouragement.....

Mission de 1933.

Du 20 au 30 décembre 1933, la mission a été prêchée par les R.P. Chaineux et Willaert Rédemptoristes de la maison de Bruxelles.
Bons prédicateurs ! Belle mission magnifiquement suivie ! Au village même les deux non-pratiquants qui s’y trouvaient à cette date sont revenus, il ne reste plus qu’une abstention : un étranger marchant ambulant qui a loué une maison trois semaines avant la mission. Quand aux maisons écartées il faut noter tous les habitants de la maison de la route de la gare (même le plus jeune des deux fils n’a pas été confirmé, mais à fait sa mission - ces gens viennent du pays de Sedan) et de même tous les habitants (3) de la maison de la route de Dinant. Tous les autres écarts on bien fait leur mission. Donc en tout et pour tout il y a comme abstentionnistes ; 1 au village (marchand étranger) 3 à la route de la gare et 3 à la route de Dinant. En somme, mission très satisfaisante ! Le renouvellement de cette mission à eu lieu à la Noël de 1934 avec le même succès que la mission elle-même. Le prédicateur en fut le R.P. Chaineux.

L’année 1935.

L’année 1935 n’a pas présenté de particularité, sinon qu’elle à vu s’établir les œuvres de jeunesse catholique ; J.A.C. (jeunesse agricole catholique 15 membres) et le J.A.C.F. (Jeunesse agricole catholique féminine : 13 membres).

Le congrès eucharistique cantonal.

Il eut lieux à Louette St Denis le dimanche 26 juillet 1936. En vue de la préparation de ce congrès, le conseil de Fabrique avait inscrit au budget de l’année dans les dépenses réserves à l’Evêque la somme de 6000 frs. Le conseil communal approuva celui-ci. L’Evêché apporta une petite modification en ce sens qu’il divisa la somme de 6000 frs en deux parties ; à l’article où elle était inscrite il laissa 1000frs pour achat d’ornement et transporta 5000 frs au dernier article du chapitre II des dépenses ordinaires.

La députation permanente socio-libérale supprime purement et simplement non seulement les 5000 frs inscrits pour les frais de procession à l’art. 50 mais également les 1000 frs laissé dans le chapitre I réservé à l’Evêque. Le conseil de fabrique adresse immédiatement un recours au roi contre la décision de la Députation et obtint gain de cause et rétablit les sommes aux articles ou elles étaient inscrites.

Malgré cette difficulté suscitée par le sectarisme de la Députation, on avait commencé dès février les préparatifs et surtout on redoubla d’activité dès que l’Arrêté Royal eut confirmé les choses.

Le programme comportait neufs arcs de triomphes sur le parcours de la procession, le reposoir en face de la maison communale et un kiosque près de l’église (entre l’avenue d’entrée à l’église et le mur dominant la rue et sur l’escalier descendant à la rue) sans compter des guirlandes descendant de la tour de l’église et aboutissants à des mats plantés le long des murs des deux côtés de la cour de l’église. La date du 26 juillet a été choisie pour donner aux paroissiens le temps de travailler aux derniers préparatifs. (le temps quelque peu libre qu’ils ont habituellement après la fenaison et avant les moissons). Or l’été 1936 a été très pluvieux et à la date du congrès on était en pleine fenaison. Mais malgré leurs travaux pressants, les paroissiens sans aucune exception se sont montrés d’un dévouement vraiment admirable. La dernière semaine, malgré le temps à certains jours favorable à leurs foins, ils ont laissé tous leurs travaux pour ne s’occuper que du congrès. Et l’on vit sortir de terre des arcs de triomphe dont il serait difficile de dire quel était le plus beau, tous différent l’un de l’autre, tous vrais monuments d’architecture, tous d’une décoration, d’un fini et d’un goût impeccable. Le reposoir, le kiosque, la place de l’église ; l’intérieur de l’église, tout présentait un coup d’œil superbe.

Heureusement, le jour du congrès la pluie intermittente des jours précédents fit trêve et le congrès de Louette fut un véritable triomphe pour N.S.J.C. L’appréciation unanime des étrangers qui n’en croyaient pas leurs yeux, fut que le congrès de Louette St Denis constituait de très loin le plus beau qu’on avait jamais vu dans le canton de Gedinne. De fait on ne saurait trop louer l’unanimité, l’ardeur au travail, le bon goût parfait et surtout la piété des gens de Louette en cette circonstance, car le matin du congrès, Mr le Chanoine Collard, délégué de Mgr l’Evêque et Vicaire Général a distribué trois cents communions........

Guerre.

Le matin du 10 mai 1940 : mobilisation générale, c’est la guerre !

Hitler a lancé ses divisions sur la Belgique en se proclamant notre protecteur. Comme on savait par l’expérience d’autres pays ( Tchéco-Slovaquie et Autriche) en quoi consistait sa protection on ne l’attendit pas. Tandis que les jeunes gens astreints au service militaire rejoignaient leurs unités, les civils dès le soir du 11 mai évacuèrent le village et gagnèrent la France. Le 13 au matin il ne restait plus que 5 familles au village, en tout une quarantaine de personnes. Mais les derniers partis furent bientôt dépassés par les troupes allemandes et le 21 le village comptait déjà 102 habitants. Les premiers partis restèrent en France, qui un mois, qui deux mois, trois mois....les dernières rentrées eurent lieux en septembre.
Pendant ce temps, les allemands purent à leur aise piller les maisons délaissées, ils le firent en vrais connaisseurs, avec méthode et non sans gentillesse pour les témoins et voisins.

Parmi les victimes, citons simplement ces deux enfants ALOMENE âgés de 9 et 14 ans.

Les 4 années de guerre se sont passées sans histoire pour le village : il n’y a pas eu de traître, d’incivique, pas de dénonciation, pas d’arrestation, de déportation. On ne voyait jamais d’allemands au village.
Par contre dès 1942, la résistance à l’ennemi commença à s’organiser dans le secret le plus absolu, cette tâche mystérieuse et dangereuse fut entreprise par M. Henri Arnould, instituteur intérimaire (remplaçant son beau-frère, Jules Alexandre, instituteur titulaire prisonnier de guerre en Allemagne).
Il recruta pour sa part 110 résistants dans la région. Le 8 juin 1944, l’A.S. (armée secrète) était mobilisée et nos jeunes résistants gagnaient le maquis, improvisaient leurs camps, baraquements etc, recevaient par parachutages les armes, munitions etc.. que la R.A.F. apportait d’Angleterre.
Une fois en possession de leurs armes et munitions, les différents camps, établis dans la région commencèrent leurs sabotages sur les communications de l’ennemi, ou faisaient sauter les câbles et lignes téléphoniques et télégraphiques, les ponts, les rails où obstruaient les tunnels etc, etc.
Enfin à la retraite allemande c’est-à-dire fin août et septembre ; ils entraient en contact avec les allemands. Embuscades qui énervaient l’ennemi et lui faisaient subir de pertes, minages de routes ou les camions et tanks sautaient.
On peut dire que l’action de ces groupes d’A.S. a contribué puissamment à l’évacuation rapide de la Belgique par les allemands.
Le 6 septembre 1944 à 11 heures du matin, les trois derniers tanks allemands venants de la bataille de Louette St Pierre, traversaient le village. Un quart d’heure plus tard, les tanks américains faisaient leur entrée au village, salués par les ovations enthousiaste de la population.

Sur les 35 jeunes gens mobilisés au début de la guerre, deux sont tombés glorieusement au champ d’honneur, ce sont : Jules Cornet et Albert Duterme.
Quatorze ont été prisonniers de guerre en Allemagne, l’un d’eux : M. l’abbé Lucien Bayonnet (brancardier) a été libéré en 1941 et a été ordonné prêtre en 1942. Les autres sont tous rentrés en 1945, aucun mort en Allemagne.

Il y a cependant à déplorer la mort en captivité de M. le Chanoine François Questiaux professeur de Théologie Dagnatique au grand séminaire de Namur. Arrêté en juin 1943, après un séjour à la prison de St Gilles à Bruxelles, il a été transféré en Allemagne en mai 1944. Il a passé par différent camp pour arriver au camp d’extermination de Dachau le 7 septembre 1944 et y mourir trois semaines plus tard = le 24 décembre.( M. le chanoine Questiaux, né à Focant est arrivé à LSD à l’âge de 3 ans. Sa mère devenue veuve est venue habiter chez son frère M. le curé Lardot).

L’armée secrète du maquis comptait onze jeunes gens :

Henri Arnould, instituteur intérim, lieutenant ; Arnould Emile et Fernand ; Nannan. Alphonse et Ernest ; Duterme Léon ; Duterme Joseph ; Baijot Joseph ; Degembe Albert ; Lambot Alfred
Et un juif du nom de René réfugié et caché à Louette pendant la guerre. Il faut ajouter Jean Lagneau.

Tous ces jeunes ont bien mérité de la patrie.

Petit rectificatif concernant les noms et prénoms des résistants de
Louette St Denis.

LAMBOT Alphonse et ARNOULD Henri

Un juif nommé René, il s’agissait de Benjamin REISENFELD

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NANNAN Alphonse
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NANNAN Ernest
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ARNOULD Fernand
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LAGNAUX Jean
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DEGEMBE Albert
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DUTERME Joseph Nestor
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ARNOULD Emile
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DUTERME Joseph Camille