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Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

LA VIE RELIGIEUSE DE DINANT AU COURS DES SIECLES TROISIEME PARTIE : L’ABBAYE DE LEFFE

19 avril 2017 - Michel HUBERT

Comme annoncé dans l’article sur la vie religieuse de Dinant au cours des siècles étudiant le clergé séculier, il n’était pas possible de ne pas consacrer un article entier à l’étonnante histoire de cette abbaye Notre-Dame de Leffe qui, tel le phénix, renaquit un jour de ses cendres après bien des vicissitudes et devint aujourd’hui connue dans le monde entier grâce à ses bières renommées

Les Prémontrés et l’abbaye Notre-Dame de Leffe

Les origines

L’historien liégeois Fisen, rapporte que Saint-Materne évangélisant la contrée avait fait construire à Dinant,deux oratoires en l’ honneur de la Vierge, l’un à Dinant même, l’autre à Leffe, endroit joignant à Dinant et sur l’emplacement où devait plus tard s’établir le couvent des Prémontrés.

Fisen, dit que, cette église, fut d’abord desservie par des vierges, puis par des chanoines, jusqu’au moment ou Henri l’Aveugle, comte de Namur, qui la détenait en fief de Frédéric Barberousse, roi des Romains, la donna à Ger1and, abbé de Floreffe, à la condition d’y établir des religieux de son ordre dans l’observance de la règle de Saint-Augustin (1152). Entre autres témoins qui comparaissent à l’acte de donation, citons : .Albert, prêvôt ; Tiselbert, costre ou gardien ; Thiébaut, Frido, Alard, tous chanoines de Sainte-Marie de Leffe et Lanzo, homme libre de Dinant et bien d’autres.

Par une charte, donnée à Trèves le 26 décembre 1153, le roi des Romains confirma cette fondation et les donations qui, en étaient la conséquence. Et, par une bulle, datée du 22 avril 1155, le pape Adrien IV confirma à son tour la fondation. Le 12 mai 1178, le pape Alexandre III intervenait à nouveau pour confirmer aux religieux de Leffe, la possession de l’église Sainte-Marie avec la prévôté, la garde du temple, les offrandes aux autels et les prébendes y attachées, la moitié des revenus de l’église paroissiale .Saint-Georges,la moitié des revenus de l’église de Bouvignes, l’église de Senenne avec la dîme et les revenus attribués à la cure, la ferme de Villers (Viet) près Dinant, celle de Coulonval sur Villers le Gambon avec ses dépendances .

Les religieux étaient exemptés comme ils l’avaient été par le pape Adrien IV, du paiement des dîmes, novales pour les fruits des cultures par eux faites ou pour les animaux par eux élevés.
On voit par là, que les religieux de Leffe étaient déjà particulièrement bien rentés. Quelques années plus tard, l’abbé de Floreffe, Jean d’Auvelais, du consentement de son chapitre, érigea le prieuré de Leffe en abbaye (ca 1200), et lui fit donation de la ferme de Villers (Viet), de l’églisé de Waha et de la ferme de Villers le Gambon (Coulonval), avec toutes ses dépendances. Depuis lors et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la maison de Leffe eut ses abbés particuliers, élus par ses propres religieux, agréés par les abbés de Floreffe et bénis par le prince-évêque de Liège.

L’abbé ajoutait qu’il donnait à la nouvelle abbaye, « en général tout ce que l’église de Leffe possédait depuis longtemps ou qu’elle avait nouvellement acquis ».
Cette même année, les religieux avaient été dotés du domaine, que Wéric de Frandines (Frandeux) possédait à Wauhart (Waha) et Thibaut de Bar, comte de Luxembeurg, avait confirmé la donation de ce patrimoine, que Wéric tenait en fief dudit comte.

La création de l’abbaye

Les religieux avaient, en 1155, édifié une nouvelle église sur l’emplacement de l’ancienne, et le nouveau temple fut consacré par Henri de Leyen, évêque de Liége. Ce furent les progrès réalisés par cette communauté qui avaient décidé Jean d’Auvelais, Vème abbé de Floreffe, à ériger le prieuré en abbaye. La majorité des suffrages des religieux de Leffe se porta sur Wéric, prieur de Floreffe ; le nouvel abbé se vit promu par Hugues de Pierrepont, êvêque de Liège, à la dignité d’archidiacre, ce qui lui permettait de publier les bans de mariage, de citer au synode les délinquants soumis à sa juridiction et à lancer contre eux, l’excommunication. ’
L’abbé de Floreffe, en instituant la nouvelle abbaye, s’était réservé, à son -égard, le jus paternitatis, c’est-à-dire le droit de visiter l’abbaye et de confirmer l’élection à la dignité abbatiale.

La nouvelle abbaye, plantureusement dotée, comme nous l’avons vu, ne tarda pas à bénéficier de nouvelles donations.
Ainsi, en 1220, Gérard de Dave, homme libre, du consentement de son épouse Agnès et de ses frères Guillaume et Henri, tous deux chanoines à Trèves, donna, à l’abbaye, les droits qu’il tenait de ses frères susdits, dans les paroisses de Dave et de Jassogne (Crupet). Le même Gérard de Dave, qualifié cette fois chevalier fit une nouvelle donation, en décembre 1223, en même temps que l’église de Géronsart consentait à la cession de la huitième partie de la dîme de Nassogne.

En 1231, le chapitre de Sainte-Croix, à Liège, transportait à l’abbaye de Leffe, tous les biens (cens, terres, bols, dîmes) qu’il possédait à Humain, moyennant une rente, annuelle et perpétuelle, de vingt sous de Liège.

Cette même année, l’évêque de Liège confirmait la donation du droit de patronage et d’une partie de la dîme de l’église d’Awagne et d’une partie de la dîme de la ferme de cet endroit, cédés au profit de l’abbaye, par l’église d’Oignies.


En septembre 1233, Yolande, dame d’Aubrive, veuve de Henri, seigneur de Hierges, avec l’assentiment de son petit fils, Gilles, seigneur de Hierges et de sa petite fille, Ode, fit donation du patronat et de la dîme de Sart-en-Fagne. Cependant, quelques années plus tard ; un différend s’éleva au sujet de cette donation, entre Gilles de Hierges et les religieux de Leffe ; on ne connaît pas l’objet du débat, mais au mois de septembre 1257, le seigneur de Hierges se rendait à Leffe et sur l’autel principal de l’église conventuelle, renonçait à toutes prétentions sur le patronat et la dîme de Sart-en-Fagne, du consentement de son épouse Elide.

Le 22 août 1282, Jacques, fils de Anselme de Hourt et Mathilde, sa femme, firent donation de la grosse et menue dîme de Courrière ainsi que du droit de patronage et de toutes appendices ou appartenances de la « ville et terroid de Corrières (Courrière) », sous réserve des dîmes sur les terres et cultures qu’ils désignent nominativement « au Tienne d’Orival, à Clouchonchamp, à Bolenfontaine, à Bertrichèn, en Cornuchamp, al Histre (au hêtre) ; à Mers ; en le Vaucelle, à Marchisal, deci à Heis de Milhières ; le vaux à Marche de Gorielle, sur la route d’Assesse ; aux Sachalles ; à Tignaitchamp ; alle Haiclette ; alle commale à champ a le bergerie ; ale Fècherotte desos le tige et desor ; en Mêssemiêres ; à Brise Cutre ; au Marlière ; alle Haie à Nufolhes et sor le tige d’Iwain (Ivoy) »

Le 18 janvier 1341, Adolphe de la Marck confirmait cette donation ; un mois plus tard, le 28 février, Gilles, sire du Bois, près de Courrière, l’approuvait à son tour, comme fief mouvant de sa personne.
Les donations que nous venons d’énumérer avaient apporté au couvent une solide aisance qui s’était manifestée déjà ; en 1296, l’abbé, de commun accord avec son confrère l’abbé de Beaurepart, avait acquis à Prémontré, moyennant le prix de 40 livres d’or, une chambre qui devait leur servir lors des réunions du chapitre général de l’ordre.

L’abbaye de Leffe jouit au XIIIe siècle, d’une prospérité enviable, et l’abbé devint un personnage important ; dès le début du siècle, en 1212, Jean de Huy était constitué arbitre par l’évêque de Liége pour trancher une contestation élevée par les bourgeois de Dinant, qui soutenaient que les chanoines du chapitre collégial n’avaient pas le droit de posséder une cave et de vendre du vin sans payer l’impôt. Jean de Huy se prononça pour le chapitre et décida que le chapitre avait, de temps immémorial, le droit d’avoir une cave à vin, dans un endroit claustral ou non, et que dans cette cave il pouvait « à n’importe qui, distribuer librement du vin ou toute autre boisson, sans payer ni taxe ni gabelle à qui que soit ».

Cette sentence arbitrale fut prononcée le onzième jour des calendes de juin 1212, en l’église Saint-André, en présence du chapitre et du mayeur, des échevins et des bourgeois de Dinant.

Ce même abbé était à nouveau, dix ans plus tard, constitué arbitre entre la ville et le chapitre, et il constata que le chapitre était en possession de la menue dîme de la ville de Dinant. (11 septembre 1223).
L’abbé de Leffe, le prévôt et le doyen de Dinant confirment une sentence arbitrale prononcée entre l’abbaye de Saint Denis en Broqueroie et le prieuré d’Oignies, au sujet de la dîme des terrages de Baulignies (2 juillet 1224).

En 1236, sous l’abbatiat de Baudoin, Drogon de Wanfercée et son épouse Héluide firent don, à l’abbave de Leffe, où était chanoine le frère de Drogon, Jean de Wanfercée, de neuf bonniers de terre, une cour et des maisons à Wanfercée ; en décembre 1250, l’abbé Baudoin était autorisé par ses religieux à vendre toute la terre de Wanfercée, pour le prix de 50 livres de blanc.

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Gravure de Remacle Leloup

Vers 1240 l’abbaye achète une brasserie au sieur Gossuin. Fabriquer de la bière n’était pas rare dans les abbayes à cette époque où la pureté de l’eau n’était jamais garantie. La brasserie devint bientôt partie intégrante de l’abbaye. Celle-ci posséda , outre l’eau de la Leffe et un moulin, une houblonnière qu’on peut voir sur le dessin de Remacle Leloup (in Pierre de Saumery "Les délices du Pays de Liège")

A noter sur ce même dessin la présence de vignobles auxquels on fera allusion lors des ventes post révolutionnaires. En 1260 et 1271, des documents signalent des vignobles « en vis », à Devant-Bouvignes (le bout des vignes), aujourd’hui Leffe. En 1345, il est fait mention d’un vignoble « deseur l’église de Leffe », où se trouvait la terre de « l’évesque ».
« Vingne » aussi, derrière la maison des malades en 1345. Tout proche du vieux moutier de Leffe, courtils et vignobles se partageaient les terres en 1443. Les vignes y escaladaient des versants idéalement exposés.

Les documents relatifs au XIVème siècle sont rares, mais ce que nous savons, nous permet d’affirmer que le monastère continua de prospérer.

Louis de Flosteur (Flostoy), écuyer, au commencement du siècle (1301), fit don à Walleran, abbé de Leffe, de la seigneurie d’Awagne ; cette seigneurie était un très ancien fief de l’abbaye de Stavelot-Malmédy et, en 1443, nous verrons Jehan de Gérin, abbé de Leffe, faire relief par devant Henri de Mérode, prince abbé de Stavelot.
La seigneurie d’Awagne dépendait de la prévôté de Poilvache, aussi la donation d’Awagne, en 1301, s’était réalisée au château de Poilvache devant Gobier de Vennatte, Pierlot de Poilvache et Gérard Tirvilain, pour la cour de la prévôté, et Baudry de Scoeuvre, Renier de Ronchinne et Lambert de Mons, comme témoins pour l’abbaye. Cette seigneurie demeura, pour partie au moins, propriété de l’abbaye jusqu’à la révolution française.

Le XVème siècle fut franchement désastreux pour le monastère ; il débuta par une épidémie, vraisemblablement la peste, qui enleva l’abbé, Albéric de Pècheroux, et sept religieux (1400).

En 1453, l’abbé Jean de Gérin réclamait à la ville de Dinant une somme de cent clinkars ; la ville prétendait que l’abbé était également son débiteur, et de là, un échange de missives amères et l’intervention de l’abbé de Floreffe. Nous ne savons ce qu’il décida.
Deux ans plus tard, nouvelle contestation à propos de l’établissement des Carmélites, l’abbé prétextant qu’il était souverain mambour de l’hôpital des béguines, auxquelles succédaient les Carmélites, réclamait des rentes et droits. La ville prit le parti des nouvelles religieuses et cela dégénéra en procès auquel une bulle du pape Pie II de janvier 1458, mit fin.

L’abbé Jean de Gérin (ou Ghorin ?), eut une mort tragique après une vie agitée ; les eaux de la Meuse, le 7 août 1460, grossirent tellement à Dinant, par suite d’un débordement subit de la Lesse, qu’une bonne partie de la ville fut submergée ; à Leffe, l’église du monastère fut envahie par les eaux avec une telle violence, qu’il ne subsista que les quatre murs, et que l’abbé fut emporté par le courant ; les religieux durent se réfugier en hâte dans la tour et n’échappèrent que de justesse au danger.

En 1466, lors du sac de Dinant par Charles le Téméraire, le couvent fut presque entièrement détruit et l’église incendiée ; l’abbé Wauthier de Wespin et les moines furent emmenés captifs, et quand, après six mois de détention, ils regagnèrent l’abbaye, ils ne trouvèrent que des ruines. Le couvent avait pourtant été choisi, par Charles le Téméraire pour servir de quartier général. Il s’y était installé le 17 août, et c’est de là que furent tirés les premiers coups de canon, qui permirent aux Bourguignons de s’emparer du quartier de Leffe « faubourg enclos d’eawe, fermé de bonnes murailles et fort comme une bonne ville » au dire de Jacques du Clercq, chroniqueur contemporain.

La rançon de l’abbé de Leffe, Wauthier de Wespin, fut fixée à cent florins du Rhin, moyennant quoi l’abbé recevait en retour, les objets du culte qu’on lui avait enlevés. Pour satisfaire, le vainqueur, l’abbé de Leffe dut emprunter cette somme à Martin de Sorinnes, et celui-ci, reçut en garantie, les dîmes de Courrière et d’Assesse (1469)
Les murs de l’abbaye furent relevés à la hâte.

Aux multiples agitations provoquées par la guerre, succéda une période de remise en ordre et de relèvement.
En 1489, l’abbaye fut gratifiée, par testament, de la seigneurie, terre et hauteur de Haulte-Sorinne.
Les testateurs, nouveaux bienfaiteurs de l’abbaye, étaient Barthélemy de Spontin, vicomte de Dréhance, seigneur de Vezin, et de la Haute-Sorinne et son épouse Marie de Modave ; les testateurs n’avaient imposé qu’une condition ; savoir : être inhumés devant le grand-autel de l’église de Leffe, où se trouvait déjà inhumée leur aïeule, Julienne de Lumaing (ou de Lummen), dame de Spontin, de Wavre et de Hermalle (1464)

Les événements de 1466, retardèrent de 25 ans, la prise de possession de la seigneurie de Haute-Sorinne, par l’abbé.
Le prince-évêque, Jean de Hornes, confirma la donation, en 1489, et délégua, pour procéder à la cérémonie de mise en possession, l’écuyer Gilles Charpentier, de Dinant. Cette cérémonie eut lieu le jour de Saint-Servais (13 mai 1490), en présence de Jehan de Villenfagne, Jehan de Sovet, Henri de Huy et Jacques à Brebis.

En mars 1491, les droits sur les vins en broc furent augmentés d’un florin, Le 22 mai 1496, le magistrat autorise les seigneurs de l’église Notre-Dame, de l’Abbaye de Leffe et des Frères Mineurs de « mettre en leurs maisons », les vins de leurs récoltes.
Pratiquement chaque versant de la Meuse, était alors couvert de vignes. Les vins de Dinant les plus appréciés, étaient ceux des coteaux de Saint-Paul et de Leffe (Chartrier de la Collégiale, acte du XIIIe siècle).

Les XVème et XVIème siècles se passeront dans un calme fort relatif ; en 1577, une épidémie de peste se déclara à Bouvignes et à Dinant, et fit de nombreuses victimes ; signalons simplement qu’en 1583, Jean Saint-Hubert, alias Jean Massinet, se vit forcé de déposer la dignité abbatiale, le général de l’ordre de Prémontré désigne Gilles d’ Aischelet, pour faire enquête sur la situation du monastère et la conduite de l’abbé. On ne connaît pas les résultats de cette enquête.

Les moulins placés sur la rivière dans les « fonds de Leffe » deviennent une source de revenus intéressante.

L’abbé Jean Noizet, eut l’honneur de porter la statue de la Vierge miraculeuse de Foy, lors du transfert de cette statue de la chapelle de Celles, dans la nouvelle église de Foy (16 novembre 1618). Cet abbé mourut de la peste, le 12 juillet 1636.


Quelques années auparavant, Louis XIV, avait donné des lettres de sûreté à l’ordre de Prémontré, qu’il tenait en haute estime ; cette sauvegarde fut appliquée aux terres de l’abbaye de Leffe sur Awagne (censes de Pierre Viroux de Gislain Pasquet) ; et sur Loyers (cense Jean Dinenne, lisez de Winenne) par ordre du gouverneur de Rocroi, de Joffreville.

L’an 1635, le couvent avait donné asile à des religieux de Floreffe, que l’abbé de ce dernier monastère avait été obligé, d’envoyer à Leffe en suite des évènements de guerre qui avaient particulièrement atteint Floreffe.

Pendant le XVIIème siècle, les souverains feront souvent appel, pour leurs dépenses de guerre, à des contributions « volontaires » et aussi, non moins fréquemment, à des contributions forcées ; inutile de dire que, pas plus que les autres couvents, Leffe n’échappa à ces perceptions.

Perpète Noizet reprendra les rênes du gouvernement de 1653 jusqu’à 1672. Ses mérites lui attirèrent l’estime du chapitre général de l’Ordre, qui lui donna ainsi qu’à ses successeurs le titre d’abbé d’Iveld, un monastère du diocèse de Mayence passé au luthéranisme. Dès ce moment, les abbés de Leffe obtenaient l’usage de la mitre et des insignes pontificaux dont la plupart des autres abbés prémontrés jouissaient depuis le XIVe siècle. En 1661, Perpète Noizet fit élever une aile de bâtiment parfaitement conservée jusqu’à aujourd’hui et portant la date de sa construction avec la devise Virtute perenni.

Vers 1650, l’abbaye était habitée par seize religieux ; son revenu annuel était de seize mille florins ; en outre treize religieux desservaient les cures qui étaient à la collation de l’abbé, à savoir : Saint-Georges (Leffe), Crupet, Dorinne, Sorinne, Awagne, Lisogne, Dréhance, Jassogne, Courrière, Lignière, Waha Saint-Martin et Sart-en-Fagne.

A signaler que les territoires de la .seigneurie de Ban-du-Mont et de Château-Thierry (Falmignoul) faisaient partie de la paroisse Saint-Georges pourtant distante de plus de deux lieues.
Cet éloignement créait au pasteur de Saint-Georges, des difficultés sérieuses pour assurer le service pastoral à Ban-du-Mont et Château-Thierry, aussi fallut-il confier l’administration religieuse, de ces deux endroits, au curé de Falmignoul, puis à celui de Falmagne, enfin à celui d’Anseremme. Malgré tout ; la situation restait déplorable, et le 22 novembre 1685, une convention intervenait entre l’abbé de Saint-Hubert et l’abbé de Leffe, par laquelle, Ban-du-Mont et Château-Thierry étaient rattachés à la paroisse de Falmignoul, à cause des difficultés d’administration.

Cette convention, quoique signée, tarda longtemps à être appliquée, car, en 1711, une visitation de l’église de Falmignoul, constatait que l’abbé de Leffe perçoit la dîme du Ban-du-Mont, paroisse composée de vingt-cinq familles, dont seize dépendent de l’église Saint-Georges. Vu la difficulté de s’y rendre à cause de la distance qui est de deux lieues et surtout au débordement du fleuve, ces familles sont comme un troupeau abandonné dont personne ne prend soin.

Vers 1640 la brasserie avait été rétablie et prospérait. En 1654 , un brasseur, Norbert Martin leur louait sa brasserie et la renommée de la bière de Leffe prenait un certain essor.
Déjà à l’époque, seul le père Abbé connaissait les secrets du procédé de fabrication.

Lors de l’occupation de la ville de Dinant par les Français, pendant le dernier quart du XVIIe siècle, les autorités militaires françaises, mirent Dinant en parfait état de défense et ils construisirent, sur le plateau de Malaise, une sorte de forteresse, dont les substructions se voient encore par endroits.
La ferme de Malaise était propriété de l’abbaye, et cette fortification lui fit perdre d’excellents terrains de cultures et une carrière de bon rapport.

L’abbé Pierre Lefebvre, adressa une requête au roi Louis XIV pour être indemnisé des pertes, subies par son couvent ; sur rapport du conseiller Voysin, le préjudice fut évalué à 3.451 livres, onze sols, trois deniers et, en compensation, Louis, XIV fit remise à l’abbaye d’une rente annuelle de vingt sacs et demi d’avoine, due aux domaines (l696)

Avec le XVIIIe siècle, commence l’abbatiat du plus remarquable des abbés de Leffe, Perpète Renson, (en réalité Jean-Jacques né à Dinant le 28 mai 1658) ; il entra dans l’ordre de Prémontré en 1676, fit profession en 1678 ; fut nommé proviseur en 1683, curé de Dorinne en 1692 et élu abbé, le 25 janvier 1704 ; il mourut en 1743.

Son administration marqua pour 1’abbaye un progrès éclatant ; en 1704, Il fit restaurer le dortoir ; en 1705, agrandit et embellit le jardin ; c’est cette même année qu’il reçut la visite de Madame de Maintenon qui ne tarit pas d’éloges sur l’abbaye et en donne une description. On y apprend que les pères prémontrés fabriquaient du papier, de l’encre et élevaient des oies pour leurs plumes.

Vers 1710, l’abbé Renson acquit une magnifique propriété à Stée (Ciney) : et à Ciney même, en racheta une que le couvent avait été obligé d’aliéner.
En 1710, il fit construire la grande ligne des bâtiments, moulin, grange, remises tels qu’on les voit encore aujourd’hui ; puis il entreprit la reconstruction complète de l’église ; la première pierre fut posée le 3 avril 1714 et l’édifice fut terminé en mai 1719. La dédicace fixée au 23 juillet, fut présidée par l’évêque de Namur, Mgr Ferdinand Paul, comte de Berlo, en remplacement du prince-évêque, tombé gravement malade. Cette fête fut bien arrosée par la bière de Leffe

En effet, soucieux de développer la brasserie, il l’agrandit et rénove, ce qui fait dire en 1729 aux Dinantais dans leur lettre au Comte de Rougrave, parlant de l’abbaye, que cette dernière possède « une brassine ample et commodieuse ».

Saumery, dans les « Délices du pays de Liége » donne une description fidèle du couvent et de son église en 1740 ; il fait un éloge pompeux, mais justifié, de l’abbé Renson.

Au début de son gouvernement, l’abbé Renson avait eu maille à partir avec quelques Dinantais, dont le bourgmestre Fabry, à propos de certains griefs, qu’on lui faisait, à lui et à son prédécesseur, d’avoir empiété sur les droits de la ville, notamment en matière de pèche et de chasse, d’usage des trieux, de pâturages, etc...
Un libelle diffamatoire avait été mis en circulation dans la ville, et l’abbé Renson y répondit par un mémoire qu’il adressa au prince-évêque, pour le surplus, il saisit du différend le tribunal des XXII.
Le prince-évêque, par une décision de février 1705, ordonna la confiscation des libelles qui devaient être remis au commissaire nommé par lui, le bourgmestre Saint-Hubert,
Nous savons qu’à cette époque, et les années qui suivirent, des cabales politiques émurent la population dinantaise, et les intrigues de partisans n’étaient pas étrangères à la mauvaise querelle cherchée à l’abbé Renson.

En 1734, l’abbaye acquit une partie de la seigneurie de Dorinne et l’abbé fit relief devant la cour féodale du prince-évêque, le 18 juin 1737.
Le neuf février 1737, l’abbé était invité par les députés de l’état ecclésiastique du Luxembourg à fournir un état des propriétés de l’abbaye, avec spécification des revenus du moment.

En 1735, l’Abbaye de Leffe fut contrainte d’héberger un régiment de hussards. Connus pour leur brutalité, ces mercenaires hongrois sillonnaient la campagne en semant la désolation dans les villages et en terrorisant la population. Les hussards se moquaient bien du caractère religieux de l’Abbaye. Ils pillèrent l’édifice et tout ce qui s’y trouvait et burent toute la bière.

C’était le prélude des vexations qu’allaient subir les communautés religieuses, se trouvant sous la dépendance du gouvernement autrichien. L’abbé Renson n’eût pas à les connaître, il mourût en 1743, âgé de 85 ans, et fut remplacé par Augustin Lambreck(t), né à Liége en 1687. Il avait pris l’habit de l’ordre en 1705, il fut ordonné prêtre en 1712 et devint curé de Sorinne en 1733.

Pendant son abbatiat, il protesta contre les prétentions du sire Baillet, seigneur de Merlemont, qui contestait à l’abbé de Leffe, le droit de prendre une charretée de foin dans la prairie du Wez de Chine (Surice), usage pratiqué de temps immémorial. On ne connaît pas le sort de cette protestation (1744).
Il améliora le corps de logis qui porte pour devise « Pax huic domui » (1747) et mourut le 13 décembre de cette même année.

Perpète Guissart, né à Charneux en 1685, ordonné prêtre en 1707, curé de Courrière en 1729, fut élu abbé le 13 janvier 1748.
L’abbé Guissart et son monastère, intervinrent, par un prêt de dix-huit mille florins, pour permettre au chapitre de la cathédrale de Namur, la reconstruction de Saint-Aubain. Les ressources du monastère étant plus que précaires, cela dénotait un remarquable esprit de sacrifice et de confiance dans la Providence.

Déjà, les temps devenaient particulièrement difficiles, l’intervention de l’Etat se manifestait singulièrement dans les affaires ecclésiastiques ; ainsi, en février 1752, le gouvernement de Marie-Thérèse faisait demander à l’abbé Guissart, à quel titre son monastère possédait deux censes à Awagne. L’abbé répondit que les titres avaient disparu au cours de la destruction de Dinant et qu’il y avait possession immémoriale.

Cette réponse ne satisfit pas l’autorité, puisque, le 30 septembre, l’abbé recevait une mise en demeure, d’avoir à fournir des précisions et en même temps sur les rentes en grains et en argent, que le monastère possédait dans différents villages.

Il y a lieu de rappeler que l’acquisition des biens immeubles, par les monastères, églises, lieux pieux et gens de main morte, était défendue dans le comté de Namur, depuis 1516, et dans le duché de Luxembourg, depuis 1605-1610. Il fallait pour acquisition, un octroi du souverain, c’est-à-dire une permission expresse et spéciale qui faisait que les biens acquis sous le bénéfice de semblable octroi étaient dits « amortis »(c’est-à-dire soustraits à la juridiction civile). Les biens acquis sans octroi, étaient sujets à confiscation.
Pour parer à la confiscation, les abbayes n’avaient d’autres ressources que de solliciter l’octroi à prix d’argent, c’est ce à quoi l’abbé Guissart dut se résigner pour sauver les propriétés de l’abbaye situées dans le comté de Namur et dans le duché de Luxembourg.

L’abbé Guissart mourut le 14 décembre 1758 ; il fut remplacé par Frédéric Coppée, originaire de Falmagne (l699), élu abbé le 20 décembre 1758 ; il mourut le 21 février 1763.

Norbert Boulvin, natif d’Ossogne (Thuillies), ordonné prêtre en 1748 à l’âge de 24 ans, fut élu le 2 mars 1763 ; sous cet abbé , revint encore la question du démembrement des biens religieux ; il mourut le 11 mai 1780, et le nécrologue exprime ce regret : moritur heu cito nimis. (Hélas, il est mort trop tôt !)

La révolution française et la fin de la première abbaye

Lui succèda, celui qui allait devenir le dernier abbé de Leffe de l’ancien régime, Frédéric Antoine Gérard, né à Couvin en 1743, élu abbé le 17 mai 1780 et décédé à Chimay, le 16 décembre 1813.Ayantdéjà du déplorer des pertes matérielles lors de la Révolution Brabançonne contre Joseph II en 1789, les Autrichiens s’étant établi dans la cense de Viet, il dut assister dès le 7 février 1793 au pillage de son abbaye, à la dévastation et à la vente de ses biens, il vit ses religieux dispersés et son ordre supprimé par la révolution française .La brasserie de Leffe disparut par la même occasion.

Arrêté et interrogé sur la disparition des biens mobiliers qui avaient été caché à Namur, le ci-devant Frédéric Gérard fut alors séquestré dans une maison voisine de l’hôtel de ville. La détention se poursuivit et s’avéra payante. La cachette fut révélée. L’inventaire des valeurs mobilières montra au total plus de 1.700 onces d’argent, évaluées à 8.554 livres qui furent inventoriées par Henri Nalinne, citoyen-orfèvre de Dinant. La croix processionnelle, les six grands chandeliers du maître autel, la crosse abbatiale, calices, encensoirs, jusqu’aux couverts de table et même une cuillère à ragoût, rien n’échappa au contrôle.

A l’approche des armées de la république, quantité de Dinantais émigrèrent, et parmi eux, presque tous les prêtres et religieux ; le mouvement d’émigration fut surtout caractérisé dans la deuxième moitié du mois de mai 1794.

Les Prémontrés quittèrent Dinant au nombre de treize, le 28 mai, cachés dans des barques sous des bottes de paille ; huit d’entre eux, dont le prieur Gilbert Charlier, rentrèrent à Dinant le 8 novembre suivant ; quatre autres revinrent à Leffe le 15 juillet 1795 ; enfin le père abbé, Gérard, rejoignit sa communauté le 15 août 1795. Les bâtiments étaient en piteux état, et les religieux obtinrent l’autorisation d’habiter leur cense de Viet. Le 13 juillet 1795, ils avaient signé une déclaration établissant que leur revenu était de 16.448 livres, sept sols, monnaie de France.

L’année précédente, la province de Namur avait été imposée, au titre de contribution de guerre, à une somme de cinq millions de francs, l’abbaye dut payer pour sa part, 18.113 livres ; elle se libéra en cinq versements.

La Belgique devint partie intégrante de la République française le 1er octobre 1795
Les congrégations religieuses furent abolies le 1er septembre 1796 et tous leurs biens confisqués (biens nationaux).

Les différentes propriétés de l ’abbaye ayant donc été confisquées comme biens nationaux puis vendues , le père Gérard et le père Joseph Georges tentèrent un rachat, au moyens des bons reçus en échange de leur spoliation, en coopération avec d’autres, en espérant des jours meilleurs qui ne vinrent pas.

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Abbaye vers 1910

Les biens furent en partie morcelés et revendus plusieurs fois à plusieurs propriétaires.
Ainsi le Grand Jardin et quelques dépendances passèrent du père Georges à deux générations de Golinvaux (Jean puis Achille et Joseph) qui le revendirent en 1872 à M. Albert Oudin pour y créer la Manufacture de tissus de Leffe.

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Abbaye vers 1910

L’abbaye et ses proches dépendances fut acquise en l’an V, par Louis de Saint-Hubert propriétaire à Dinant qui la vendit à son tour, en 1816, à un sieur Auguste Desrousseaux, agissant au nom de la compagnie des Verreries de Monthermé ; cette vente comprenait tous les bâtiments, cours et jardins composant l’abbaye, deux moulins à farine et un à écorces qui formèrent une verrerie (à laquelle il est fait allusion dans un autre article sur ce site)
La compagnie des Verreries de Saint-Quirin, fit faillite en 1830 ; les créanciers la revendirent en 1839.L’ancienne église fut rasée. Une partie de l’abbaye fut alors convertie en papeterie, puis en fabrique de lin ; l’autre partie, à savoir : la ferme comprenant la brasserie, les étables, les écuries, les celliers, trois corps de logis, anciens quartiers du père Abbé et des religieux, fut vendue à en 1842 à M. Jean-Joseph Wauthier de Leffe et fut transformée en partie en cité ouvrière.
En 1844 mourut le dernier prémontré survivant de l’abbaye de Leffe


L’intermède des Prémontrés de Frigolet

D’héritage en héritage, l’abbaye fut finalement achetée par Henri Collard, qui la revendit quelques jours plus tard (le 29 novembre 1902), par acte passé devant le notaire Alfred Laurent de Dinant, à des chanoines prémontrés français de Saint-Michel de Frigolet, chassés de France par la loi Combes,qui vinrent occuper des bâtiments peu aptes à les accueillir , mais de grand travaux furent rapidement réalisés.

Les chanoines remirent les bâtiments en état et aménagèrent une nouvelle église abbatiale dans la grange construite par l’abbé Perpète Renson en 1710, avec l’aide notamment de l’évêque de Namur, Mgr Thomas-Louis Heylen, lui-même prémontré et ancien abbé de Tongerlo.
Ils acquirent l’ensemble en 1911 et l’occupèrent jusqu’après la guerre.

Ils eurent à subir les tragiques évènement d’août 1914 (qui ont fait ou feront encore l’objet d’autres articles sur ce site) avec le père Adrien Borelly pour prieur.
L’abbaye fut transformée pour un temps en prison de femmes puis les religieux relâchés après un temps de détention, purent l’occuper de nouveau pendant et après la guerre.

Les Prémontrés de Tongerlo et la nouvelle abbaye

Autorisés à rentrer en France les religieux de Frigolet cédèrent leur propriété à leurs confrères de l’abbaye de Tongerlo, qu’ils avaient recueillis en catastrophe suite à l’incendie de celle-ci le 28 avril 1929.

En décembre 1930, Leffe fut officiellement cédée à l’abbaye de Tongerlo et, en 1931, l’ancienne abbaye presque entièrement restaurée fut rétablie en communauté indépendante par le pape Pie XI.

Le père Joseph Bauwens devient le 53ème abbé

L’abbaye de Leffe inaugurait sa seconde existence. Homme de goût, Mgr Bauwens n’hésitait pas à faire bien et beau avec peu. On lui doit l’aménagement du réfectoire, la construction de la tour néo-baroque et la refection du campanile bien connu, mais l’abbaye n’avait plus les richesses d’autrefois.

Il fallut vivre d’expédients jusqu’à la seconde guerre mondiale : des jeunes frères fabriquaient de l’encens et de l’encre que les confrères prêtres allaient vendre à travers toute la Belgique, se déplaçant souvent à pied. Ces maigres revenus suffisaient juste à assurer la survie matérielle de la communauté.
En juillet 1932, une grande fancy-fair, restée célèbre à Leffe, permit de récolter quelques dons.

En 1934, 5 cloches ainsi qu’un jacquemart furent offertes par l’abbé Molitor de Leffe et sa famille, qui furent installées dans le campanile.(complétées en 2004)

En 1940, il n’y eu pas de dégâts. Pendant la guerre la maison d’accueil Saint Norbert située juste à coté de l’abbaye servit au sauvetage discret d’enfants juifs qui échappèrent aux nazis.

Les abbés « modernes »

Hugues Lamy de 1944 à 1949

Cyrille Nys en janvier 1950 : s’il enrichit la bibliothèque et améliora le confort des batiments, il fut surtout l’artisan de la renaissance de la bière de Leffe en respectant les procédés d’autrefois en collaboration avec Albert Lootvoet, brasseur à Overijse puis à Mont-Saint-Guibert. Le travail de brasserie se fera ailleurs mais le nom de l’abbaye sera préservé. Cette renaissance va apporter l’apport financier qui manquait sous forme désormais de royalties.

En 1950, quelques moines sportifs et courageux édifient un calvaire à flanc de coteau, surmontant l’abbaye.

L’abbé Marc Mouton en 1963 réalise d’importants travaux, en particulier l’aménagement d’un chemin d’accès à l’arrière des batiments, grâce à l’apport de la brasserie qui passe sous le giron des Brasseries Artois à Louvain en 1977.

Je n’ai trouvé trace de la fabrication de Liqueur de Leffe qui a cependant existé au moins en 1967 .

Sous les abbés François Martens en 1981 et Bruno Demoulin en mai 1989, les bières de Leffe continuent à prospérer avec le succès phénoménal et planétaire que l’on sait, avec Interbrew (1987) puis Inbev (2004) et ceci toujours en collaboration étroite entre les brasseurs et l’abbaye. La Leffe se décline aujourd’hui en pas moins de 10 variétés : Brune, Blonde, Radieuse, Triple, Vieille Cuvée, 9°, Rousse, de Noël, Ruby, Printemps.

1996 verra la construction d’un nouvel orgue

En 2002 l’abbaye fêta avec simplicité et dans la bonne humeur son 850aire et fit revivre son histoire à travers une exposition et divers spectacles de théatre historique, extrêmement intéressants. Elle édita pour l’occasion une très belle plaquette dont je me suis en partie inspiré.

Je n’ai pas insisté sur les aspects de la vie religieuse et spirituelle des moines ni sur la description des bâtiments, locaux, chapelle, etc au sujet desquels le site internet très bien fait de l’abbaye donne toutes précisions ainsi qu’une abondante iconographie, et le fait beaucoup mieux que je ne pourrais le faire .

Liste des abbés de Leffe

Wéric, 1200 - 1208 ;

Hellin, 1208 + 1212 ;

Jean de Huy, 1212 - 1223 ;

Barthélemi, ... - ...

Bauduin de Floreffe, 1230 -+ 1231 ;

Julien, 1231- + 1234 ;

Baudoin, 1236 - + 1255 ;

Godefroid Renard, 1259 - ... ;

Frisinole Marlet, ... - ... ;

Jean Burdinne, ... - ... ;

Wéric de Waha, 1269 - + 1272 ;

Richard de Beauraing, 1274 - + 1280 ;

Gérard de Nivelles, ... + 1282 ;

Julien, vivait en 1298- ;

Waleran, 1301- + 1308 ;

Baudoin, 1308 - +1316 ;

Jean Chavias d’Evrehailles, 1317+ 1320 ;

Nicolas de Fontaine, ... - ... ;

Jean Bachelet, 1344 - + 1345 ;

Wauthier de Beaumont, 1346-+1362 ;

Baudoin Dais, 1367 - + 1376 ;

Jean de Flun, ... - ... ;

Nicolas Moreal, 1382- + 1395 ;

Alberic de Pecheroux, 1395 + -1400 ;

Wéric de Beaumont, 1400 -1408 ;

Jacques Bayart, vivait en 1413- + 1424 ;

Nicolas Damanon, 1420 -+ 1435 ;

Jean Gérin dit aussi Ghorin, 1437- +1460 ;

Wauthier de Wespin, 1461- +1469 ;

Jean Devaulx ou Devaux, 1469 -+ 1481 ;

Nicolas Mierdo 1481 -+1483 ;

Arnold Maillet 1484-+1504 ;

Jean Fallay 1505 + 1505 ;

Gilles d’Awagne, 1505- +1528 ;

Hubert Bailiure 1528 - + 1537 ;

Louis Giget de Marche 1537.-+1545 ;

Gérard Titeux de Monhiermet (Monthermé) 1545- + 1557 ;

Pierre Massinet ou de Saint-Hubert, 1559 -+ 1561 ;

Gérard Marlayne, 1561 -+ 1575 ;

Jehan Massinet ou de Saint-Hubert, 1575 -1583 ;

George Duterne ; 1583 - + 1610 ;

Jean Noizet, 1610- + 1636 ;

Désiré Gouverneur, 1636 - + 1653 ;

Jacques Malaise, 1653- + 1653 ;

Perpète Noizet, 1653 - + 1672 ;

Pierre Lefèbvre, 1672 - + 1704 ;

Perpète Renson, 1704 - +1743 ;

Augustin Lambrecht 1743- + 1747 ;

Perpête Guissart, 1748 - +1759 ;

Frédéric Coppée, .1759 - +1763 ;

Norbert Boulvin, : 1763 - + 1780 ;

Frédéric-Antoine Gérard de Couvin, 1780 - +1813.

Joseph Bauwens de 1931 à 1944

Hugo Lamy de 1944 à 1949

Cyrille Nys en 1950

Marc Mouton en 1963

François Martens en 1981

Bruno Demoulin en mai 1989

Sources :

Dinant et ses environs par Emile Siderius, Dinant 1859

Histoire de la Ville de Dinant par Edouard Gérard Namur Ed. Vers l’Avenir 1936

Notice historique sur l’abbaye de Leffe par l’abbé C.J.Quinaux, curé de Leffe-Dinant, Namur Impr. Paul Godenne 1934

L’abbaye Notre-Dame de Leffe : Leffe 2002 Editions Gaud

Les Calendriers de Claudy Burnay, archiviste de Leffe

Site officiel de l’Abbaye : http://www.abbaye-de-leffe.be/-Historique-

Site wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_de_Leffe

Photos : collection Michel M.E. Hubert

Note : Généalogie de quelques abbés qui sont parents avec moi :

Pierre « Massinet » de Saint-Hubert : http://gw3.geneanet.org/michubert_w?lang=fr ;pz=maxine+marie+francoise+cicercule ;nz=coton ;ocz=0 ;p=pierre ;n=de+saint+hubert ;oc=3

Jehan Massinet de Saint-Hubert :
http://gw3.geneanet.org/michubert_w?lang=fr ;pz=maxine+marie+francoise+cicercule ;nz=coton ;ocz=0 ;p=jehan ;n=de+saint+hubert ;oc=2

Jean Jacques , en religion Perpète Renson : http://gw3.geneanet.org/michubert_w?lang=fr ;pz=maxine+marie+francoise+cicercule ;nz=coton ;ocz=0 ;p=jean+jacques ;n=renson

Brice Maximilien, en religion Norbert Boulvin : http://gw3.geneanet.org/michubert_w?lang=fr ;pz=maxine+marie+francoise+cicercule ;nz=coton ;ocz=0 ;p=brice+maximilien ;n=boulvin

Michel M.E. HUBERT