Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

HISTOIRE DU TISSAGE DE BOUVIGNES (1874 - 1939)

20 février 2008 - Michel HUBERT

Pour continuer notre étude sur la période industrielle textile de la fin du XIXème siècle voici l’histoire du "Tissage de Bouvignes " qui, pour partie, est intimement liée à celle de la Manufacture de Leffe

Les débuts

C’est le 29/10/1874, que M. Eugène Henry. Banquier et comme directeur gérant de la société en nom collectif sous la dénomination de Maison de Banque Henry-Libert et la raison sociale Eugène Henry et frères à Dinant avec M.Augustin Degraux, négociant à Dinant chacun pour une moitié acquiert la propriété connue sous la propriété Melot composée de 4 maisons dont une en ruine, cour, écurie, jardin, et emplacement d’ancienne saline, formant un ensemble sis à Bouvignes appartenant à M. Godefroid Lonhienne pour prix de 8.500 francs.

Et le 4/10/1875, une maison dite la Tour sise à Bouvignes appartenant à Baptiste Magery joignant la fabrique pour prix de 346 francs et une somme de 840 francs due à M. Emile Monty, greffier à Dinant.

Le 29/12/1875.les mêmes acquièrent à M. Joseph Gotho, maçon une maison d’habitation avec écurie sise à Bouvignes rue d’en Haut pour 1200 francs. C’est sur ces propriétés qu’ils établirent leur Tissage de Bouvignes.

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Tissage A.DEGRAUX

Le 15/6/1877, Monsieur Degraux est autorisé par la Députation Permanente de la Province de Namur à établir dans sa fabrique de tissus de laine et de coton de Bouvignes. une machine à vapeur de la force de 12 chevaux et une chaudière de 4.175 m3 destinée à fonctionner sous une pression de 4 atmosphères.

Le 6/8/1880, les Sieurs Degraux et Cie sont autorisés à établir une nouvelle chaudière à vapeur dans leur fabrique de tissus à Bouvignes et à établir un gazomètre dans leur dite fabrique.

Le 25/12/1886, ils acquirent à la famille Jacquet, une maison avec cour de 1 arc 50 ca, pour la somme de 1400 francs.

Fondation de la société

Le 11/5/1907, la famille Henry, M. Augustin Degraux, M. Léon Legrand, M. Remy Himmer, M. Edgard Himmer et M. Dominique Brisbois, fondent une société anonyme sous la dénomination de « Tissage de Bouvigne » elle a pour objet l’exploitation des établissements ci-après apportés, l’achat, la filature et le tissage des laines et autres textiles de même que les opérations qui se rattachent il ce genre de commerce et d’industrie. La durée est fixée à 30 années à prendre cours le 11/5/1907, pour finir le 31/12/1936, le capital social est fixé à 100.000 francs par 100 actions de 1000 francs au porteur.

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Le Tissage de Bouvignes

La famille Henry et Augustin Degraux apportent une propriété située à Bouvignes étant sans aucun exception ni réserve la fabrique de tissage comprenant, ateliers, machines, métiers, ustensiles, maison de contremaîtres et d’ouvriers, le matériel fixe et mobile et tout ce qui peut être considéré immeubles par destination, à l’exception seulement des approvisionnements. du cheval, tombereau et accessoires, ainsi qu’une maison avec écurie et jardin rue d’en Haut.

Pour leurs apports, les apportants reçoivent 96 actions.
Le 3/2/1914, par devant le Notaire Delimoy, la société Tissage de Bouvignes acquiert une maison avec cour et dépendances à la famille Wauthier, pour 6.500 francs .
Le 24/7/1914, la société Tissage de Bouvignes devant le Notaire Alfred Laurent, acquiert à la Congrégation Hospitalière des Sœurs de la Charité, une maison avec cour, aisance, remise, dépendances, jardin en un ensemble sis en front de la rue d’en Bas pour prix de 21.000 francs.
Le 28/7/l919, à la famille Lemaire. une maison rue Richier pour 2.500 francs Le 8/10/1920, à M. Joseph Milcamps une maison rue d’en Haut, pour prix de 1.600 francs.

Incorporation du Tissage de Bouvignes par la S.A. Manufacture de tissus

Le 28/12/1920, la Manufacture de Tissus ancienne Firme Albert Oudin et Cie, réunie en assemblée générale devant le Notaire Alfred Laurent à Dinant, les actionnaires de celle-ci, constatent des droits résultant des 100 actions de 1000 francs chacune de 1a société anonyme Le Tissage de Bouvignes sont en mains de la S.A Manufacture de Tissus et en conséquence dissolution et liquidation de cette société dont l’actif reste au profit et à charge de la prédite société Manufacture de Tissus. Elle est propriétaire de 90 actions de cette société, quant aux 10 autres actions qui appartenaient également à la Manufacture de Tissus elles avaient été détruites lors du sac de Dinant et donc la société Tissage de Bouvignes cesse d’exister a compter de ce jour.

L’actif de la société dissoute comprend valeur suivant bilan au 30/11 dernier, une propriété à Bouvignes étant sans exception ni réserve la Fabrique de Tissage comprenant atelier. maisons de contremaîtres et d’ouvriers de 27 ares 27 ca. et divers bâtiments, maisons. écuries et appendices. le matériel mobile, les machines, les appareils et le mobilier, les immeubles évalués à 156.491 francs 64 centimes. Les approvisionnements, l’encaisse et les débiteurs, et les créances du chef de dommage de guerre, le total s’élevant à la somme de 317.398francs 92 centimes ;à déduire 123.172 francs 17 centimes Il reste 194.226 francs 75 centimes

La fin de la société et la revente des batiments

Le 7/7/1939. par-devant le Notaire Gaston Leclef à Dinant. M Georges Henry de Frahan et M. René Himmer en qualité d’adminisrateurs pour et au nom de la Manufacture de Tissus, vendent à M. Adolphe Marichal, exploitant d’autobus à Dinant. une partie de l’usine désaffectée en la Commune de Bouvignes, elle comprend une maison formant le coin de la rue Edouard Fétis et de la rue Barbier, le porche et la conciergerie sur le devant de la rue Edouard Fétis, forge et ancienne filature pour prix de 145.000 francs,
Le 24/5/1943. par-devant le Notaire Ernest Houyet à Dinant. M. Adolphe Marichal, entrepreneur de transport, vend à M. Lucien Greyson, ingénieur domicilié à Bruxelles, une partie d’une propriété. comprenant maison, dégagement, forge, courette et partie de garage. pour le prix de 165.000 francs .
C’est là que M. Greyson établit une filature et un lissage de rayonne, sous la dénomination de Rubania.

Celle-ci cesse en 1958 et devient pour partie un simple magasin, vendu en 1964 à M. Victor Marot. Celte partie est ensuite convertie en entrepôt de machines agricoles. L’autre partie est achetée par le démolisseur Terwagne.

Extrait de « Les usines textiles, filatures et tissages de Dinant et Bouvignes » par Alfred Herbay, Michel Kellner et Jacques Olivier Dinant septembre 2001

Michel M.E. HUBERT