Génédinant
Groupe d'échange et d'entraide pour la généalogie dans la région dinantaise

HISTOIRE DE LA FILATURE LE MERINOS A NEFFE- DINANT (1879-1944).

19 décembre 2016 - Michel HUBERT

Première époque : Monsieur de Grand Ry.

C’est le 10/10/1879, que M. Edmond de Grand Ry, industriel à Dinant est autorisé par la Députation Permanente de la Province de Namur, à établir un atelier de tissage à Dinant, sur une propriété sise à Neffe-Dinant, qu’il avait acquise par-devant le Notaire Armand Renson en date du 5 /3/1879, et qui appartenait à M. Franz Sodar-De Waulx, artiste-peintre, propriété en lieu dit Al Sipaugne, composée de maison d’habitation, écuries, jardins, carrières, rocher, appendices et dépendances contenant environ 1 ha 20 ares tenant du levant au chemin de fer du Nord, du couchant à une ruelle, du midi à la Chalée Warette et du Nord à la famille Lion. c’était un bien qui appartenait aux vendeurs pour l’avoir acquis de M. et de Mme Delimoy-Julet, propriétaires à Neffe-Dinant,le 10/11/1869.
M. Edmond de Grand Ry, l’avait acquise pour la somme de 24000 francs.
Le17/10/1879, il est autorisé à établir un gazomètre afin d’éclairer extérieurement et intérieurement les établissements industriels qu’il exploite à Dinant. Le même jour, il est autorisé à établir dans sa fabrique de tissus de laine à Neffe-Dinant, une machine à vapeur de la force de 45 chevaux munie d’une chaudière à vapeur d’une capacité de 17m3 250, destinée à fonctionner sous une pression de 5 atmosphères.

En 1886 il y avait 150 travailleurs au Mérinos de Neffe -Dinant.

Les conditions de travail . Les relations patrons-ouvriers.

M. de Grand Ry vint s’installer à Dinant en 1879 avec l’intention d’y ériger un établissement chrétien, modèle de moralité et d’honnêteté. Devenu patron du « Mérinos », il élabora un règlement d’atelier où ne figuraient pas seulement les prescriptions habituelles telles que la répartition des heures de travail ou les amendes infligées au personnel en cas d’absence injustifiée mais encore l’obligation d’accomplir ses devoirs religieux et d’adopter une attitude conforme à la morale. Toute parole licencieuse, tout blasphème contre la religion de la part d’un ouvrier était sévèrement puni.

Il va de soi que M de Grand Ry prenait soin de s’entourer d’un personnel employé et ouvrier partageant ses convictions chrétiennes et d’une moralité irréprochable. Aussi, tenait-il compte de la conduite extérieure et de la réputation de toute personne qui lui offrait ses services. Au besoin, il n’hésitait pas à s’enquérir auprès des curés des paroisses afin de s’assurer de la valeur de ceux qu’il engageait.

A l’extérieur comme à l’intérieur de l’usine, tout contribuait à rappeler à l’ouvrier l’ esprit chrétien que M. de Grand Ry tenait à faire régner dans son établissement. Que l’on en juge par ces détails d’ordre matériel : une statue de la Vierge ornait la façade de l’usine, un crucifix était suspendu au mur de chaque salle. Au pied de la croix, tous les matins et tous les soirs, les ouvriers à genoux récitaient la prière. Car tel était l’enseignement que M. de Grand Ry s’appliquait à leur communiquer : le travail est une prière offerte a Dieu elle doit s’accomplir par amour pour Lui, même au prix de difficultés et de souffrances. Il faut toujours se soumettre à la volonté de Dieu et accepter sa propre condition.
Afin d’éviter à son personnel toute occasion pouvant porter préjudice à sa moralité et au respect de sa personne, il réserva un atelier aux hommes et un autre aux femmes. Il faut souligner ici que, selon les principes rigoristes des catholiques du XIXe s, le contact des travailleurs masculins et féminins occupés la journée durant au même métier, était cause d’immoralité.

On retrouvait en M de Grand Ry l’attitude paternaliste qu’adoptaient envers leurs ouvriers certains patrons catholiques qui désiraient et l’amélioration morale et l’union de ceux-ci en une même famille dont ils se considéraient comme les chefs et protecteurs.

En toute circonstance, le patron du « Mérinos », ne manquait jamais de témoigner son attachement à ses ouvriers en même temps qu’il s’efforçait de leur permettre de resserrer les liens de fraternité entre eux. Ainsi, lorsqu’un membre du personnel, employé ou ouvrier, venait à décéder, le jour de son enterrement, l’usine se mettait en chômage et tous les travailleurs assistaient en deuil au service funèbre. Inutile de dire si les familles étaient touchées par pareil geste.
Les préoccupations de M de Grand Ry se portèrent aussi à la solution de questions concrètes se posant dans le cadre de la vie de l’usine. Il établit dans sa fabrique une caisse de secours mutuels. De même il réserva deux locaux qu’il transforma en réfectoires, l’un destiné aux hommes et l’autre aux femmes, où ceux qui ne pouvaient retourner dîner à domicile, prenaient leur repas de midi et recevaient du café. Détail important : aucune boisson alcoolisée n’était servie aux ouvriers, de même qu’il leur était interdit d’en apporter de l’extérieur .

Toutes ces initiatives, qu’elles fussent prises par M de Grand Ry dans le but d’améliorer les conditions de travail des ouvriers ou dans celui de les élever sur le plan moral et chrétien, rendirent les ouvriers satisfaits de leur patron, Ils éprouvaient un profond respect pour lui « C’est un père pour nous" affirmaient-ils et ils n’avaient rien à lui reprocher sinon un temps de travail excessif : 12 heures par jour. A ce sujet, M de Grand Ry manifestait toutefois des idées progressistes pour un catholique paternaliste. Contrairement à ceux-ci, dont les principes en matière d’économie s’inspiraient des libéraux, il ne s’opposait pas à une intervention de l’Etat en vue de limiter la durée du temps de travail dans les usines, le relèvement de l’âge d’admission des enfants , la suppression du travail de nuit et du dimanche.

Les maisons ouvrières.

M.de Grand Ry avait fait bâtir quelques maisons qui lui revenaient chacune à 1800 francs et dont les ouvriers pouvaient se rendre acquéreurs. Cependant, pas un ne profitait de cette faculté. Les ouvriers dinantais, propriétaires de leur maison étaient du reste, en 1886, peu nombreux. Cela n’est pas étonnant lorsqu’on analyse les budgets des familles ouvrières : l’épargne était difficile. Les ouvriers demeurant dans ces maisons disposaient de quatre pièces pour le prix de 10 francs par mois .Ils étaient avantagés tant sur le plan de l’habitat que sur celui du loyer.

Tentative d’achat par la Société Albert Oudin.

Le 23/9/1889, par-devant le notaire Armand Renson, M Edmond de Grand Ry vend à la société Albert Oudin et Cie, dont le siège social est à Leffe, Commune de Dinant, représentée par son gérant M. Albert Oudin, demeurant à Leffe-Dinant, pour laquelle il se porte fort, une propriété sise à Neffe Dinant, lieu dit Al Sipaugne, composée de maison d’habitation, écuries, filature ou fabrique,jardins, bois, carrières, appendices et dépendances de 1 ha 20 ares . La présente vente comprend aussi les meubles, prise d’eau à la Meuse, mobiliers, accessoires et toutes les pièces de rechanges et tous les droits quelconques appartenant au vendeur, le tout sans aucune restriction autre que celle ci- après. Le vendeur se réserve comme propriété personnelle mobilier complet de son bureau, ainsi que sa bibliothèque, les marchandises actuellement en cours de fabrication ou à produire ou à recevoir par l’usine ; elles pourront être reprises par la société acquéreuse au cours du jour, et suivant estimation. Il sera de même des approvisionnements de charbons, graisses, huiles, matières d’emballage ou d’encollage et tout approvisionnement, le tout ci-dessus à part du contrat de vente.
M. de Grand Ry s’engage à ne jamais installer d’usine en Belgique soit en son nom personnel soit pour une firme commerciale où son nom figurerait.
Il se réserve aussi le droit d’enlever les vierges et crucifix qui se trouvent dans l’usine, tous ses livres de commerce et documents ainsi que deux lampes à gaz situées dans le local du moteur à vapeur et un compteur à gaz dans le gazomètre.
Outre les conditions, la présente vente a lieu moyennant la somme principale de 122.500 francs payable le jour de l’entrée en jouissance.

Surenchère.

Le mardi 17/12/1889 à deux heures précises chez M. Victor Rasquin-Hanot. Hôtel de l’Europe à Saint-Médard à Dinant, il est procédé par Maître Armand Renson, commis par jugement du tribunal civil de première instance de Dinant en date du 23/11/1889 à la suite d’une surenchère de 6.125 francs faite par la Banque Générale de Liège, société anonyme de crédit, place verte n° 13 à Liège, poursuite et diligence de M. le Baron de Pitters de Buidingen, administrateur délégué domicilié à Warisoulx. cl de M. Gustave Scheider sous-directeur domicilié à Liège à la vente d’une propriété sise à Neffe-Dinant, en lieu-dit Al Sipaugne, composée de maison d’habitation, écuries, filature ou fabrique, jardins, bois, carrières, appendices et dépendances de 1 ha 2 ares 70 ca,
Et en outre les meubles, prise d’eau à la Meuse, mobilier, accessoires, et toutes les pièces de rechanges et tous les droits quelconques appartenant à M. Edmond de Grand Ry, qui suivant acte du notaire Renson le 23 09 1889, l’avait vendue à la société « Albert Oudin et Cie » représentée par son gérant M, Albert Oudin. pour la somme de 122.500 francs.
Surenchères prévues par la 101 du 16/12/1851 et par les articles 115 et suivant de la loi du 16/12/1851 et articles 93 et 101 de la loi du 15/8/1854. Et suivant cahier des charges dressé par M. Hector Adam, avocat avoué de Dinant le 1/1211889
La vente a été annoncée par placards et annonces conformément à la loi Il est bien entendu que l’acquéreur pourra élire command.
Les enchères étant ouvertes et elles restèrent ouvertes pendant une heure, pendant ce temps aucune enchère n’a été portée sur la mise à prix, attendu qu’il ne s’est pas présenté d’autres enchérisseurs que la Banque de Liège, comme il est dit plus haut, elle est proclamée adjudicataire des dits biens pour le prix de 128.625 francs. La dite Banque déclaré par M. le Baron de Piuers de Buidingem et M. Hector Adam élisent command pour M. Alfred Simonis sénateur et industriel à Verviers. M, le Baron Albert de Villenfagne, rentier propriétaire demeurant au Château de Sorinnes et M. Maximilien Doreye de Liège en présence des témoins, M Victor Rasquin-Hanot, hôtelier et Louis Hanot, tous deux de Saint-Médard à Dinant

Seconde époque : La Société anonyme.

Le 9/1/l890, par-devant Maître Victor Alfred Laurent, notaire à Dinant, ont comparu :
1°/ M. le Baron Albert de Villenfagne de Sorinnes. comme souscripteur de 20 actions, complètement libérées et au nom de Melle. Valentine Terwagne, rentière à Liège, souscripteur de 50 actions : et de Melle. Marie Terwagne, rentière à Liège. souscripteur de 50 actions ;
2°/ M. le Baron Alfred Huart, sénateur demeurant à Sovet, souscripteur de 50 actions ;
M. Désiré Goblet, directeur de fabrique, souscripteur de 36 actions ;
M. Joseph Logee, notaire à Namur, souscripteur de 50 actions ;
3°/ M. le Baron Albert de Villenfagne de Sorinnes,
M. Maximilien Doreye, industriel à Liège ;
M. Alfred Simonis, sénateur à Verviers
apportent en pleine propriété à la société, l’usine de Neffe, située à Neffe-Dinant, en lieu-dit Al Sipaugne comprenant maisons d’habitations, écuries, filature ou fabrique avec tous les meubles, prise d’eau àl la Meuse, mobiliers, accessoires, etc .... de 1 ha 2 ares 70 ca, tels qu’acquis le 17/l2/1889, devant Maître Armand Renson, les marchandises consistant en produits fabriqués, en cours de fabrication, matières premières, objets mobiliers approvisionnements divers suivant inventaire en date du 9/1 courant ; pour prix de ces apports, ils reçurent 744 actions complètement libérées.

Il est fondé une société anonyme sous dénomination "Le Mérinos" S.A. de Neffe. Elle a pour objet la fabrication, l’achat et la vente pour son propre compte ou compte de tiers, de filés et des tissus en laine, spécialement des mérinos, cachemires et nouveautés et toutes les opérations qui se rattachent à cette industrie.
La durée de la société est de 29 ans et 6 mois, qui ont pris cours le 1/1 courant, pour finir le 30/6/1919 ; elle pourra être prorogée. Le capital social est fixé à 500.000 francs par 1.000 actions de 500 francs au porteur.
Il fut fait un inventaire le 9/1/1890, devant le Notaire Laurent : il y avait en outre, 1118 pièces de tissus de différents genres et différentes grandeurs mesurant 76.921 mètres courant, 8.542 kilos fils de laine, chaînes et trames de différents numéros, 18.740 kilos de charbons, 300 fagots à brûler. etc ....

Le 8/2/1899, par acte du Notaire Renson, portant adjudication définitive par suite de surenchère à la requête de M. Léon Legrand, avocat, agissant en qualité de curateur de la faillite de la société en commandite par actions P.Wilmart et Cie" et de la faillite de Pascal Wilmart-Collard, industriel à Bouvignes, au profit de la société « LeMérinos », société anonyme à Neffe, pour laquelle se portant fort son administrateur délégué. M. Maximilien Doreye, des immeubles suivants :
Un établissement industriel composé de grands bâtiments servant de filature de laine avec magasins, bureau, cours et dépendances, le tout de 28 ares 90 ca, sis en lieu-dit Au Fourneau, y compris le matériel de filature, consistant en une chaudière système de Mayer, avec fondation, machine à vapeur horizontale d’environ 80 chevaux, transmissions poulies, paliers, courroies, tuyauterie de chauffage à vapeur, 14 renvideurs de 500 broches chacun, 18 machines diverses de préparation, pièces de rechange et autres accessoires, une maison même lieu de 2 ares 30 ca, adjugés les deux pour prix principal de 129.000 francs.

Le 9/2/l899, la société acquiert des biens à Bouvignes, le 12/9/1900, à Neffe, le 6/1/1906, échange à Neffe de parcelle, le 20/12/1906, la société représentée par M Désiré Goblet, son directeur gérant, de deux maisons à Bouvignes, le 31/11/1907, de 5 maisons contiguës à Bouvignes, le 4/6/1907, immeubles à Bouvignes, le 6/10/1908, échange avec la Ville de Bouvignes de parcelles de terrain, le 26/11/1908, deux maisons avec cour, jardin à Neffe.

Le 31/5/1911, par-devant le Notaire Emile Delimoy, la société acquiert la propriété dite Château de Neffe, avec toutes dépendances, maison de jardinier, pavillon, jardin d’agrément et jardin potager, verger, terres et bois de 1ha 93ares 59ca pour prix de 40.000 francs.

Le 30/4/1914, à 14 heures, la société fait des modifications aux statuts, par-devant le Notaire Emile Delimoy, la durée de la société est prorogée pour un terme de 30 années à prendre cours à partir de ce jour 30/4/1914, pour finir le 29/4/1944, la société déclare posséder actuellement les immeubles suivants : une propriété à Neffe-Dinant, se composant d’une fabrique de tissage, maisons, jardins, broussailles pour 3 ha 14 ares 14 ca, une propriété à Bouvignes en lieu-dit Au Fourneau ou Conneaux, se composant d’une filature, maisons, magasins, et toutes dépendances de 47 ares 3 ca.
Evalué les immeubles, à Neffe à 161. 640 francs et à Bouvignes à 188.120 francs.
Le capital social est réduit à 406.500 francs en 813 actions de 500 francs.

A la guerre de 1914, les bâtiments de l’usine du Mérinos furent détruits, Puis après la guerre reconstruits.

Vint la crise économique des années 1930, qui causa un tort considérable à l’industrie textile en général et mena de nombreuses sociétés à la faillite.

La mise en liquidation.

Le 19/1/1934, aux termes d’un procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire des actionnaires de la société, la société Le Mérinos est mise en liquidation.

Le 19/6/1937, par-devant Maître Georges Misson, docteur en droit, notaire à Sclessin- Ougrée, la société « Le Mérinos » en liquidation représentée par deux liquidateurs vend à la Filature de Laine Peignée des Ardennes, constituée le 13/3/1937, représentée par M. Paul Frys, industriel à Tourcoing, et M. Denis Frys, aussi industriel à Tourcoing, une usine avec toutes dépendances. .

Le 25/4/1944, par devant Maître Joseph Cloos, Notaire suppléant de Maître Misson actuellement prisonnier militaire en Allemagne , la société « Le Mérinos » en liquidation en date du 19/1/1934, représentée par deux liquidateurs,vendent à M.Maurice Fernand Arthur Bary, industriel et à son épouse Mme Odile Juliette Verschuere, un ensemble d’immeubles, sis en lieu-dit à Neffe-Dinant, comprenant l’usine du "Mérinos", y compris la chaudière Bailly-Mathot, la cheminée et les monte-charges, les bureaux de l’usine, le garage, la villa, ainsi que les maisons ouvrières, jardins, prés, bois de 24.875m2, le tout pour prix de 1.500.000 francs.

Note sur Monsieur Désiré GOBLET

dont la plus grande partie de la carrière se déroula au Mérinos (d’après un article de l’époque obligeamment communiqué par Olivier GOBLET, son descendant, membre de Genedinant)

Mr Désiré GOBLET est né à Schaltin, canton de Ciney, province de Namur, le 7 novembre 1842.
Orphelin à l’âge de 6 ans.
Il commenca ses études professionnelles au Pensionnat de Malonne pour les continuer au Collège patronné de Dinant, d’où il sortit après avoir subi avec grande distinction, l’examen de géomètre devant le Jury provincial de Namur. Il fut de là, envoyé en qualité de régisseur chez Messieurs les Comtes de Cunchy, à Villers-sur-Lesse, où il eut à diriger plusieurs fermes, les bois et une brasserie. Après avoir rempli cette charge avec succès et à la grande satisfaction de ses maîtres, pendant 18 ans, il se plaça comme comptable à la fabrique de mérinos, nouvellement établie à Neffe•Dinant par Monsieur Edmond de Grand’Ry, où il fut bientôt chargé de la direction de l’usine que ses soins assidus, son opiniâtreté au travail, ses aptitudes spéciales et son grand dévouement ont su maintenir dans une voie toujours ascendante.
En 1890, cet établissement ayant été transformé en Société anonyme, M. Désiré Goblet y resta attaché en qualité de directeur-gérant. Sous sa direction, aussi habile que laborieuse et honnête, le Mérinos de Neffe-Dinant, vit ses installations se perfectionner d’une façon remarquable et marcha rapidement autant que fructueusement dans les voies du progrès pour se placer bientôt au rang des premiers établissements du pays, non seulement pour le perfectionnement de ses produits, mais aussi pour la sage et paternelle organisation que son zélé directeur a su introduire et maintenir avec le plus grand succès parmi ses nombreux ouvriers.
Aussi l’on peut dire que l’usine de Neffe est le foyer d’une famille bénie où les principes de la morale évangélique ne permettent jamais l’accès des idées subversives du socialisme antichrétien. Ainsi non seulement il aura rendu d’éminents services à l’établissement qu’il dirige avec tant d’intelligence et de soins, mais il aura travaillé de la manière la plus efficace à la solution du grand problème qui se débat actuellement dans le monde entier
(Article du 15 septembre 1894 )

Extraits de « Les Usines textiles Filatures et tissages de Dinant et Bouvignes » par Alfred HERBAY, Michel KELLNER et Jacques OLIVIER. Dinant Septembre 2001
Les photos ont été fournies par Olivier GOBLET.